Meta a prĂ©venu quâelle pourrait retirer Facebook et Instagram du Nouveau-Mexique si un juge acceptait les demandes formulĂ©es par lâĂtat. Lâannonce intervient dans le cadre dâun contentieux visant la responsabilitĂ© de lâentreprise dans la protection des mineurs en ligne, et relance le dĂ©bat sur la portĂ©e des mesures exigĂ©es par les autoritĂ©s.
Une mise en demeure liée à une affaire sur la sécurité des enfants
Dans des Ă©critures judiciaires, Meta indique que, si le tribunal rejoint lâAttorney General du Nouveau-Mexique, lâentreprise pourrait ĂȘtre contrainte de fermer lâaccĂšs Ă ses applications aux utilisateurs du territoire. Le procureur gĂ©nĂ©ral RaĂșl Torrez a qualifiĂ© cette perspective de simple stratĂ©gie de communication.
Cette procĂ©dure fait suite Ă un verdict rendu rĂ©cemment : un jury de Santa Fe a reconnu Meta responsable dâau moins 375 millions de dollars de dommages, reprochant Ă lâentreprise un dĂ©faut de protection des enfants contre des prĂ©dateurs en ligne.
Le procĂšs Ă venir devant le tribunal de district
Lors dâune audience prĂ©vue le 4 mai, un juge de district, Bryan Biedscheid, doit notamment dĂ©terminer si les faits reprochĂ©s peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de âtrouble publicâ, ce qui ouvrirait la voie Ă un financement de programmes liĂ©s Ă la sĂ©curitĂ©. Les avocats de lâĂtat chercheront aussi Ă obtenir un ensemble de modifications concrĂštes des services.
Parmi les mesures évoquées figurent :
- la mise en place dâune vĂ©rification de lâĂąge plus stricte ;
- des actions destinées à réduire la présence des prédateurs ;
- des dispositifs visant Ă protĂ©ger les mineurs y compris dans des communications chiffrĂ©es, afin de limiter lâaccĂšs des personnes malveillantes.
Meta conteste la faisabilitĂ© et la compĂ©tence de lâĂtat
Meta soutient que les exigences portĂ©es par lâĂtat seraient trop larges et trop lourdes pour ĂȘtre appliquĂ©es sans consĂ©quence majeure. Lâentreprise affirme notamment quâil âne ferait pas de sensâ de dĂ©velopper des versions spĂ©cifiques de ses applications pour le seul Nouveau-Mexique, et elle juge que lâĂtat nâaurait pas la capacitĂ© dâimposer les changements demandĂ©s. Meta estime Ă©galement que certaines demandes pourraient heurter des principes liĂ©s Ă la libertĂ© dâexpression.
De son cĂŽtĂ©, RaĂșl Torrez rejette ces arguments et insiste sur lâexistence, selon lui, de marges de manĆuvre techniques chez lâentreprise. Il affirme que Meta serait en mesure dâopĂ©rer les ajustements nĂ©cessaires, tout en privilĂ©giant, dâaprĂšs lui, lâengagement et des intĂ©rĂȘts commerciaux plutĂŽt que la sĂ©curitĂ© des enfants.
Un enjeu qui dépasse le cas du Nouveau-Mexique
Au-delĂ de ce dossier, la confrontation met en lumiĂšre la difficultĂ© Ă concilier sĂ©curitĂ© des mineurs, fonctionnement dâĂ©cosystĂšmes numĂ©riques fondĂ©s sur le chiffrage et exigences rĂ©glementaires. Si le tribunal devait suivre lâĂtat, la dĂ©cision pourrait peser sur les obligations futures des plateformes, notamment sur la maniĂšre de vĂ©rifier lâĂąge et dâencadrer les interactions en ligne.
Pour les parents qui cherchent Ă renforcer un cadre de contrĂŽle Ă domicile, certains choisissent dâutiliser des applications de contrĂŽle parental afin de limiter lâaccĂšs Ă certains contenus et de mieux suivre lâactivitĂ© numĂ©rique. Dâautres sâĂ©quipent aussi de routeurs avec fonctions de contrĂŽle parental pour gĂ©rer les horaires de connexion et les profils, en complĂ©ment des paramĂštres intĂ©grĂ©s aux services.








