Football : la Charity Commission critique l’action caritative des joueurs


Une enquête de la Charity Commission a mis en cause la gestion d’une organisation caritative liée au football professionnel. La structure, créée pour aider des footballeurs en formation et en activité, fait l’objet d’un rapport particulièrement critique en raison de pratiques jugées incompatibles avec les exigences de bonne gouvernance.

Une enquête ouverte pour « de sérieuses inquiétudes »

L’enquête a été lancée en 2019. Le régulateur indiquait alors avoir des « inquiétudes sérieuses » concernant la façon dont la Professional Footballers’ Association Charity, désormais appelée Players Foundation, était dirigée.

Après plusieurs étapes, la Commission a rendu public un rapport mettant en avant une succession de manquements, allant des questions de conflits d’intérêts à des dépenses jugées insuffisamment justifiées.

Des fonds transférés sans explication claire

Parmi les éléments relevés, la Commission cite le transfert de 1,9 million de livres provenant de la Football Association. Ces sommes auraient été envoyées depuis le compte bancaire de la charité vers la Professional Footballers’ Association (le syndicat), « sans explication claire » selon le rapport.

Un financement du syndicat jugé problématique

Le régulateur estime également que la charité a pris en charge une part très majoritaire des coûts de fonctionnement du syndicat : environ 80%, soit près de 6 millions de livres par an, dont 5 millions dédiés aux salaires.

La Commission souligne en outre l’existence d’un conflit d’intérêts : plusieurs administrateurs, dont l’ancien directeur général Gordon Taylor, auraient occupé des fonctions rémunérées au sein de la PFA. Le point est central, car il peut brouiller la frontière entre les intérêts d’une organisation et ceux de la structure caritative.

Le régulateur rappelle aussi qu’un financement d’organisation de type syndical n’est pas, en droit, considéré comme une finalité caritative.

Des actifs immobiliers mobilisés au profit d’un occupant

La Commission mentionne également que la charité détenait des biens immobiliers à Manchester et à Londres, occupés par le syndicat sans versement de loyer. En tenant compte des intérêts, le coût total pour la charité dépasserait 627 000 livres.

Selon les conclusions communiquées, les 1,9 million de livres ainsi que l’équivalent du loyer impayé ont été restitués après l’intervention du régulateur.

Un avertissement préalable et des mesures disciplinaires

La Commission indique avoir déjà adressé un avertissement officiel en septembre 2022. Celui-ci portait sur des « faits de mauvaise gestion » survenus depuis la création de l’entité en 2013 jusqu’au début de 2019.

Dans le même contexte, un administrateur, Darren Wilson, alors directeur de la finance de la PFA, a été écarté pendant quatre ans de toute fonction d’administrateur ou de poste de direction au sein d’une charité.

Des correctifs annoncés après l’intervention

La Commission affirme que des actions correctives ont été mises en place. Parmi elles : une séparation plus nette avec le syndicat, la nomination de nouveaux administrateurs et la mise en place d’une identité distincte pour la charité.

Le rapport mentionne également un changement de modèle de financement, après que la Football Association et la Premier League ont cessé de soutenir la charité, lorsque celle-ci s’est détachée de la PFA.

Ce que cette affaire illustre sur la gouvernance des associations

Au-delà du cas d’espèce, l’enquête rappelle une exigence fréquente dans le secteur caritatif : la clarté des flux financiers, l’absence de conflits d’intérêts et la cohérence entre les activités financées et l’objet caritatif. Lorsque l’organisation caritative est étroitement liée à une autre entité disposant d’intérêts propres, la transparence devient un enjeu majeur.

Pour les associations qui veulent renforcer leurs procédures internes, des outils de gestion documentaire et de conformité peuvent aider à structurer les contrôles. Par exemple, un logiciel de gestion documentaire peut faciliter le suivi des décisions, des justificatifs et des versions. De même, un tableau de bord de suivi budgétaire permet souvent de visualiser plus rapidement les dépenses, les affectations et les écarts.

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