Les analystes de Bernstein estiment que les résultats du premier trimestre de Figure Technology Solutions renforcent l’idée que l’entreprise se distingue des autres plateformes de “blockchain marketplaces”. Au-delà du narratif autour des actifs numériques, la société met en avant une stratégie visant à transformer des créances issues du monde réel en instruments exploitables sur les réseaux blockchain, avec des mécanismes pensés pour faciliter l’accès au financement et à la liquidité.
Dans un contexte où les projets “tokenisation” dans la finance peinent souvent à convaincre durablement, Bernstein juge que Figure progresse sur un terrain plus opérationnel : le suivi en temps réel des volumes de prêts et l’intégration progressive d’un écosystème de marché.
Des performances supérieures aux attentes
Lors de la publication de ses comptes, Figure a communiqué des chiffres qui ont dépassé les estimations du consensus, à la fois sur le revenu et sur l’EBITDA. L’enjeu, pour les investisseurs, n’est pas seulement la dynamique financière, mais la manière dont Figure cherche à construire un marché “blockchain-native” capable d’accueillir des actifs de crédit.
Bernstein souligne que cette approche est susceptible d’éclairer les investisseurs sur l’activité réelle de l’entreprise, en particulier via des données liées aux volumes de prêts sur la blockchain.
Dans une note adressée aux clients, les analystes indiquent que les données blockchain disponibles en direct suggèrent un niveau record au deuxième trimestre. Selon eux, à mesure que le marché améliore le suivi de ces volumes, le cours de l’action pourrait davantage refléter, en temps réel, la trajectoire du volume de prêts adossés à la blockchain.
Une plateforme de marché plutôt qu’un simple prêt “habillé” en crypto
Figure s’efforce de se positionner comme une plateforme complète de marchés de capitaux, et pas uniquement comme un prêteur traditionnel dont l’activité serait “enrobée” d’une couche crypto. L’idée centrale présentée par l’entreprise est que les prêts issus du monde réel peuvent être convertis en unités liquides, plus facilement échangeables, tout en conservant la logique de garantie et de participation.
Lors d’un échange avec les investisseurs, la société a décrit les défis rencontrés lors de l’intégration de ses actifs dans des schémas DeFi. Le point le plus complexe résiderait dans la façon d’utiliser efficacement des garanties lorsque le prêt est fractionné, notamment en cas de dépassement du ratio de prêt (LTV). Figure explique que sa plateforme Forge vise à convertir des prêts “entiers” en unités de participation plus petites et négociables.
Bernstein estime que la feuille de route pourrait conduire à un modèle où Figure ne fait pas seulement transiter des financements, mais prélève une commission à l’intérieur d’un écosystème plus large, adossé à l’activité sur la blockchain.
Des investisseurs encore prudents sur le narratif
Malgré l’intérêt pour la tokenisation, certains acteurs institutionnels restent sceptiques face aux promesses autour de la blockchain dans la finance. Sur ce point, la direction de Figure reconnaît l’existence de ces réserves, tout en soutenant que son avantage se situe principalement du côté de l’exécution.
Le discours de l’entreprise insiste sur l’automatisation : les structures de données blockchain faciliteraient, selon elle, la mise en œuvre du contrôle, de la conformité et de la vérification des prêts. L’objectif est d’optimiser le processus d’octroi et de gestion du crédit, plutôt que de défendre une vision exclusivement “idéologique” de la blockchain.
Un marché du crédit tokenisé encore en construction
Bernstein évalue un marché adressable important pour des volumes annuels de crédits susceptibles, à terme, de migrer sur la blockchain sous forme d’actifs tokenisés. La recherche citée inclut plusieurs catégories : prêts hypothécaires, prêts automobiles, lignes de crédit sur valeur immobilière et crédits aux petites entreprises.
À ce stade, le crédit tokenisé demeure toutefois une part minoritaire de l’ensemble des marchés liés aux actifs tokenisés. Les données sectorielles disponibles évoquent une valorisation relativement limitée, ce qui laisse apparaître un écart entre l’adoption actuelle et le potentiel de croissance à moyen terme mis en avant par Bernstein.
D’autres acteurs expérimentent aussi des produits de crédit tokenisé. Certains projets, par exemple, tentent de rapprocher des actifs institutionnels de la liquidité DeFi via des réseaux blockchain supplémentaires. Figure, de son côté, indique s’étendre à des segments comme les prêts automobiles via des protocoles DeFi, avec une logique d’interface vers des marchés blockchain plus larges.
Dans cette phase, l’évolution dépendra autant de l’appétit des investisseurs que de la capacité des infrastructures à gérer des volumes, des contrôles et des processus de conformité à grande échelle.
Si vous souhaitez suivre l’écosystème côté “financement et crypto”, un livre sur la tokenisation des actifs et la finance sur blockchain peut aider à mieux comprendre les mécanismes derrière le crédit tokenisé. Pour compléter, un outil d’analyse financière (tableur ou formation) est utile pour comparer les indicateurs clés comme les revenus, l’EBITDA et les métriques opérationnelles.


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