Après deux semaines de témoignages où certains acteurs ont mis en cause Sam Altman, les jurés ont enfin entendu la version du patron d’OpenAI dans le cadre du procès intenté par Elon Musk. Dans une salle de tribunal fédéral à Oakland, en Californie, Altman a détaillé sa trajectoire, sa perception des désaccords internes et sa lecture des accusations visant le fonctionnement d’OpenAI. Le litige pourrait avoir des répercussions directes sur l’avenir de l’entreprise à l’origine de ChatGPT.
Une trajectoire politique évoquée sous serment
Interrogé pendant son témoignage, Sam Altman a confirmé pour la première fois avoir été envisagé, à un moment, pour se présenter au poste de gouverneur de Californie. Il a expliqué que des courriels de 2017 faisant référence à des « objectifs politiques » pouvaient correspondre à cette réflexion, tandis que Gavin Newsom a finalement remporté l’élection en 2018.
La période du “Blip” et l’option Microsoft
Altman est revenu en détail sur les jours ayant suivi l’éviction de son poste de directeur général par le conseil d’administration d’OpenAI, une séquence surnommée “The Blip” en interne. Selon ses déclarations, il a alors ressenti une forte colère et un sentiment d’être trompé, tout en évoquant une alternative : un accord proposé par Microsoft.
D’après lui, Satya Nadella lui avait déjà proposé un poste chez le géant de la tech, avec la possibilité d’y attirer des salariés d’OpenAI. Altman a reconnu avoir sérieusement envisagé de quitter l’aventure, mais a finalement choisi de revenir à OpenAI après une recomposition de la gouvernance. Il a justifié cette décision par l’importance accordée à la mission et à la structure particulière de l’entreprise, notamment son statut à but non lucratif.
La question du contrôle d’OpenAI
Sur le fond, le procès oppose deux lectures de la gouvernance. Musk accuse Altman et d’autres responsables d’avoir cherché à détourner le cadre organisationnel d’OpenAI, conçu pour développer une intelligence artificielle bénéfique au plus grand nombre, afin d’en tirer un profit personnel. Altman, de son côté, a présenté Musk comme l’acteur qui voulait garder la mainmise sur l’organisation.
Il a aussi rapporté une discussion autour de la possibilité de transférer le contrôle “à ses enfants” après sa disparition, décrivant ce moment comme particulièrement déstabilisant. L’audience a ainsi mis au premier plan le rôle de la propriété, du contrôle et des garanties de gouvernance dans une structure aussi sensible que celle d’OpenAI.
Un interrogatoire centré sur la crédibilité
Durant le contre-interrogatoire, l’équipe de Musk a tenté d’attaquer la crédibilité d’Altman dès le début. Les questions ont porté sur la fiabilité et la capacité du témoin à se considérer comme “entièrement digne de confiance”. Altman a répondu par l’affirmative, tout en ajustant son propos lorsque l’avocat a relancé sur la notion même de certitude.
Des désaccords sur l’engagement financier
Altman a également abordé la contribution financière des différentes figures. Il a indiqué avoir versé plusieurs millions de dollars à OpenAI, et a comparé sa participation à celle de Musk, en rappelant que Musk aurait arrêté ses dons après un certain moment. Altman a aussi mentionné des efforts en temps et en travail, en insistant sur la différence entre sa présence au quotidien et l’implication plus limitée qu’il attribue à Musk.
Une tentative de “chasse” de talents et un ressenti de frustration
Dans son récit, Altman a décrit une période où Musk réduirait ses contributions, tout en préparant un programme d’intelligence artificielle au sein de Tesla. Altman a déclaré que Musk aurait quitté le conseil d’OpenAI notamment pour chercher à recruter des employés de l’entreprise vers sa société d’automobiles électriques.
Interrogé sur son ressenti face à cette démarche, il a résumé en un mot : l’irritation.
La “gestion à la tronçonneuse” et le moral des chercheurs
Enfin, Altman a affirmé que la manière de gérer attribuée à Musk aurait heurté la culture du laboratoire de recherche d’OpenAI. Il a raconté avoir demandé à des cadres d’évaluer des chercheurs, avant de décrire une logique de pression et de sanction qui aurait “démotivé” les équipes. Selon lui, l’idée selon laquelle il fallait prouver rapidement des résultats sous peine d’être écarté ne correspondait pas au modèle de travail du laboratoire.
Ce que le témoignage change pour le dossier
Au-delà des détails, le témoignage d’Altman sert surtout à clarifier trois points : sa lecture des événements ayant mené à son éviction puis à son retour, sa perception de l’ambition de Musk en matière de contrôle, et sa contestation des accusations de manœuvres visant un bénéfice personnel. En parallèle, l’accent mis sur la crédibilité du témoin rappelle que, dans un procès de ce type, la question de la confiance accordée aux déclarations peut compter autant que les faits eux-mêmes.
Pour suivre ce type de procédures et d’analyses de manière rigoureuse, beaucoup se tournent vers des lectures structurées sur le fonctionnement des décisions judiciaires et de la preuve en matière de contentieux. Par exemple, un livre de procédure et de preuve en contentieux commercial peut aider à mieux comprendre les enjeux autour des témoignages. Les échanges en audience étant souvent denses, un dictaphone ou outil d’enregistrement audio peut aussi être utile pour organiser des notes lors de l’analyse de retranscriptions ou de podcasts.


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