Substack, plateforme autrefois synonyme d’élan pour les newsletters payantes, traverse une phase plus délicate : une partie des créateurs semble vouloir prendre de la distance. Plusieurs publications ont annoncé des départs ou explorent des alternatives, invoquant surtout des questions de coûts, de contrôle éditorial et de liberté technique. Derrière ces mouvements, se dessine une tendance plus large : l’écosystème des newsletters se consolide autour de modèles concurrents et de “maisons” numériques mieux maîtrisées par leurs auteurs.
Des départs motivés par le “prix de la plateforme”
Le point qui revient le plus souvent concerne la structure tarifaire de Substack. La plateforme prélève une commission de 10% sur le revenu des abonnements. Pour certains créateurs, cette “taxe” devient difficile à absorber à mesure que l’audience augmente et que les revenus d’abonnement progressent. Dans plusieurs témoignages, l’écart avec des offres concurrentes à frais plus fixes ou plus prévisibles est présenté comme un facteur déterminant.
Ghost, Beehiiv et d’autres options : des coûts parfois nettement réduits
Des créateurs expliquent avoir basculé vers d’autres services, notamment Ghost, Beehiiv ou encore Kit, où les tarifs sont présentés comme plus adaptés à leur taille. Les comparaisons mettent souvent en avant des économies substantielles une fois certains paliers franchis, ainsi qu’une meilleure cohérence entre les dépenses et la croissance. La logique est claire : limiter la part reversée à l’intermédiaire quand la publication atteint un volume d’abonnés significatif.
Dans cette dynamique, la question du budget ne concerne pas seulement l’outil en lui-même, mais aussi l’infrastructure nécessaire pour faire vivre une publication : domaine, diffusion, gestion de l’audience et fonctionnalités associées. Pour celles et ceux qui veulent professionnaliser leur configuration, un hébergement web de qualité peut jouer un rôle indirect. Par exemple, un utilisateur peut chercher des solutions adaptées via l’offre “managed hosting” sur Amazon afin de stabiliser la partie technique quand il faut gérer son site et ses newsletters en parallèle.
Contrôle, intégrations et personnalisation : la liberté technique en question
Au-delà du coût, plusieurs créateurs critiquent une forme de dépendance à l’écosystème Substack. Les reproches portent notamment sur des intégrations jugées limitées avec des outils tiers, ainsi que sur des possibilités de personnalisation parfois restreintes. Autrement dit : certains auteurs estiment que leur publication se distingue moins facilement, et qu’ils disposent de moins de leviers pour lier leur audience à leur propre univers numérique.
Des concurrents comme Beehiiv ou Ghost sont décrits comme offrant une approche plus “plateforme” : des outils pour construire une présence propre, avec une identité moins “préfabriquée” et moins de signal publicitaire intégré par défaut. Un autre enjeu évoqué est la manière dont la découverte algorithmique se fait à l’intérieur du service : certains créateurs s’inquiètent du fait que la visibilité passe davantage par des mécaniques internes que par la dynamique d’abonnement directe.
Enfin, l’optimisation et la gestion de l’audience nécessitent souvent des outils de suivi. Pour ceux qui veulent garder un contrôle plus fin de leur performance éditoriale, des ressources comme des logiciels d’analytics pour newsletter peuvent s’avérer utiles, notamment lorsqu’on diversifie les canaux et qu’on cherche à mesurer conversion et engagement de façon cohérente.
La question de l’“enfermement” et de la portabilité
Un autre débat concerne la portabilité des relations avec le public. Substack souligne généralement que les créateurs peuvent exporter les éléments nécessaires à la continuité (comme la liste des abonnés). Toutefois, les discussions révèlent des nuances : certains mécanismes internes, comme la distinction entre abonnés et autres formes de relation (par exemple des “followers” liés à des fonctionnalités internes), pourraient ne pas être transférés de la même manière. Ce point alimente l’idée, chez certains auteurs, d’une dépendance plus forte qu’ils ne l’avaient envisagée.
Un changement de modèle : vers des plateformes “média” plus que des newsletters
Enfin, la concurrence ne se limite pas à des alternatives techniques. Plusieurs projets prennent de l’ampleur en se rapprochant d’un modèle “éditeur” : un même espace pour publier, monétiser et structurer la relation avec l’audience. Des annonces de migrations vers de nouvelles plateformes illustrent cette orientation, où l’objectif est de donner plus de marge de manœuvre aux équipes éditoriales, tout en réduisant la dépendance à un seul produit.
Substack n’est pas pour autant en position de rupture totale : des retours d’expérience restent possibles, et certains créateurs peuvent considérer la plateforme comme pertinente, notamment au démarrage. Mais la série de départs et d’explorations documente un déplacement : Substack semble davantage perçu par certains comme un point de passage vers une stratégie plus autonome, plutôt que comme un domicile définitif.

