Je n’avais pas les moyens de payer mon loyer : je suis emménagée chez une inconnue de 77 ans


Face à la hausse des loyers et à la difficulté de trouver un logement abordable, certaines personnes choisissent des solutions alternatives. Le récit de Kayla Mazza, qui n’a pas pu payer son loyer, illustre une formule de cohabitation intergénérationnelle : elle a emménagé avec Honey Donegan, une femme de 77 ans, dans un cadre encadré par une association.

Quand le manque de logements pousse à changer de cadre

Kayla Mazza a commencé à chercher un logement près de son travail, à environ une heure de chez ses parents, au Vermont. Mais la situation locative autour de Waterbury, Vermont, s’est avérée décourageante. Louer une chambre dans une maison partagée à plusieurs peut rapidement dépasser 1 000 dollars par mois.

En parallèle, son nouveau poste dans une organisation à but non lucratif s’est accompagné d’une baisse de revenus. Elle explique qu’elle ne remplissait pas toujours les conditions requises pour être considérée comme locataire, selon les critères des baux.

Une cohabitation où chacun a un rôle clair

Pour trouver une alternative, Kayla Mazza s’est tournée vers HomeShare Vermont, une structure qui met en relation des personnes âgées disposant d’espace à domicile et des “invités” ayant besoin d’un logement. L’objectif est double : créer du lien social tout en compensant financièrement l’occupation du logement.

Le dispositif prévoit que l’invité n’est pas assimilé à un proche aidant. En revanche, il peut apporter une aide ponctuelle, comme participer à la préparation des repas, faire des courses ou accompagner quelqu’un à des rendez-vous médicaux.

Dans son cas, l’association l’a mise en relation avec Honey Donegan, une “nanny” à temps partiel vivant dans une maison de quatre chambres, au sein d’une copropriété. Le duo a fixé un loyer de 650 dollars par mois, auquel s’ajoute une part des charges liées aux consommations.

Kayla indique que son loyer est supérieur à la moyenne observée dans le programme (environ 380 dollars), notamment parce que les besoins de Honey sont limités. À l’inverse, d’autres situations peuvent exiger plus de présence et un volume d’aide plus important, selon le profil de la personne âgée.

Des attentes définies avant l’installation

La cohabitation fonctionne, selon Kayla, car sa propre organisation facilite l’équilibre du dispositif : elle travaille à temps plein, a un agenda chargé et aime aussi voir sa famille ou voyager. De son côté, Honey est décrite comme très active, notamment parce qu’elle doit s’occuper d’enfants.

Les attentes ont été établies en amont. Kayla explique qu’elle devait notamment aider autour des animaux (deux chats, deux chiens et des poissons) lorsque Honey s’absente, et participer à certaines tâches saisonnières, comme empiler du bois en hiver.

Elle souligne aussi que leur entente a été immédiate et qu’elles n’ont pas eu besoin de médiation de l’association par la suite.

Un quotidien qui crée du lien

Au-delà des aspects pratiques, la relation s’est construite sur des centres d’intérêt communs. Elles apprécient notamment Jeopardy et les films comiques. Elles partagent aussi des moments en extérieur : marches, sorties pour promener les chiens, et baignades dans un lac à proximité.

Elles disent partager des convictions politiques proches et, surtout, une passion pour la lecture. Kayla évoque une discussion ouverte entre générations et considère que l’arrangement est à la fois utile sur le plan financier et stimulant au quotidien.

Pour ceux qui envisagent ce type d’organisation, un guide pratique sur la cohabitation et les bonnes pratiques peut aider à clarifier les attentes dès le départ. Dans la même logique, un organiseur (agenda ou outil d’organisation) peut faciliter le suivi des tâches et des disponibilités au quotidien, sans alourdir la relation.

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