Jeudi, le dollar a effacé une partie de ses pertes du début de séance et a repris de l’ampleur, après un mouvement initial de baisse des marchés actions. Le repli de la tendance haussière de la veille sur les actions a renforcé la demande de liquidités, un facteur généralement favorable à la devise américaine. Dans le même temps, plusieurs indicateurs économiques et des commentaires de responsables de banques centrales ont apporté un soutien supplémentaire.
Dollar : reprise après un début de séance hésitant
L’indice du dollar a progressé d’environ 0,14% jeudi. La devise avait d’abord reculé, dans un contexte marqué par une amélioration de l’anticipation autour d’un possible accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a temporairement diminué la demande de valeur refuge.
La dynamique s’est toutefois inversée lorsque les actions ont abandonné leurs gains précoces et sont repassées dans le rouge, ce qui a soutenu la demande pour le dollar. Plusieurs éléments ont aussi joué en faveur de la devise :
- Des données hebdomadaires relatives à l’emploi (demandes d’allocations chômage) globalement meilleures que prévu
- Une amélioration de la productivité des entreprises au premier trimestre
- Des coûts salariaux unitaires inférieurs aux attentes
- Une hausse des dépenses de construction
- Un accroissement du crédit à la consommation
Par ailleurs, des propos jugés prudents mais compatibles avec le maintien des taux ont aussi soutenu le dollar. La présidente de la Fed de Boston, Susan Collins, a indiqué préférer la stabilité des taux, tout en laissant la porte ouverte à un réexamen si l’inflation venait à se dégrader. Son homologue de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, a également mis en garde contre l’interprétation trop rapide d’une prochaine baisse, en rappelant que son scénario privilégie un maintien prolongé.
Contexte géopolitique et perspectives sur le Golfe
Les investisseurs attendaient en parallèle des informations supplémentaires concernant l’Iran. Les États-Unis ont présenté une proposition visant à relancer progressivement l’accès commercial via le détroit d’Ormuz et à lever progressivement le blocus sur certains ports iraniens, les négociations sur le programme nucléaire devant intervenir dans un second temps. La réponse iranienne est attendue dans les jours à venir.
Sur le plan opérationnel, des indications de presse ont évoqué une reprise potentielle des activités américaines dès la semaine prochaine pour encadrer la navigation commerciale dans le détroit, avec appui naval et aérien.
Autres devises : euro en léger retrait, yen sous pression
Face au dollar, l’euro a terminé en légère baisse, d’environ -0,02%. Il avait d’abord progressé grâce à des statistiques européennes jugées plus solides que prévu, notamment des ventes au détail en zone euro et des commandes industrielles en Allemagne. Toutefois, la reprise du dollar a inversé la tendance.
Le yen, lui, a évolué à la hausse d’environ +0,22%. La monnaie japonaise a d’abord bénéficié d’un soutien lié au carry trade et à des interventions passées des autorités, mais elle a ensuite reculé lorsque le dollar est reparti à la hausse. La remontée des prix du pétrole a aussi pesé sur le yen, tandis que la hausse des taux des obligations américaines à 10 ans (T-notes) a renforcé la pression à la baisse.
Métaux précieux : hausse, mais la reprise du dollar limite l’élan
Sur les marchés des matières premières, l’or et l’argent ont clôturé en hausse. L’or sur le COMEX a progressé d’environ 0,35%, et l’argent de 3,72%. Le recul initial des actions a renforcé la demande de valeur refuge, soutenant les métaux précieux.
La baisse du pétrole observée plus tôt dans la journée a également contribué à calmer les anticipations d’inflation, ce qui peut rendre les métaux plus attractifs, en amont d’une politique monétaire potentiellement plus accommodante.
En revanche, la reprise du dollar en fin de séance a pu alimenter des ventes liées à la liquidation de positions, et la hausse des rendements obligataires a aussi pesé sur les cours. Les commentaires plutôt favorables au maintien des taux, formulés par des responsables de la Fed, ont également été perçus comme un frein.
Malgré ces tensions, les métaux restent soutenus par une incertitude persistante autour de plusieurs facteurs : droits de douane, contexte politique américain, niveau des déficits et incertitudes de politique économique. À cela s’ajoute une demande régulièrement citée provenant des banques centrales, notamment en lien avec des achats d’or.
Risque principal : anticipation des taux et arbitrages de portefeuille
La séance met en lumière un fil conducteur : l’écart entre les anticipations de taux et la trajectoire d’inflation reste déterminant. Les marchés évaluent la probabilité de changements à court terme de la politique monétaire, et ces anticipations influencent directement le dollar et, par ricochet, les métaux.
Dans une logique de gestion du risque, certains investisseurs suivent aussi la sensibilité des portefeuilles aux fluctuations de l’or et de l’argent via des produits déjà largement utilisés sur les marchés. Par exemple, l’ETF répliquant l’or physique peut servir d’outil de suivi, à travers une solution d’investissement indexée sur l’or. Pour diversifier légèrement, d’autres se tournent vers des supports liés à l’argent, via des produits orientés sur l’argent.


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