La banque centrale brésilienne interdit les cryptomonnaies et les stablecoins pour les paiements transfrontaliers



La Banque centrale du Brésil a interdit aux prestataires d’« eFX » (change électronique), encadrant les paiements internationaux numériques, d’utiliser des cryptoactifs — notamment les stablecoins et le bitcoin — pour régler à l’étranger des transferts de fonds depuis le pays. Cette mesure vise à retirer la blockchain et les cryptos de la chaîne de paiement régulée, tout en laissant le commerce et la détention de cryptoactifs possibles dans un cadre distinct.

Ce que la nouvelle règle change pour les transferts à l’international

La résolution 561, publiée fin avril, actualise les règles applicables au système brésilien d’eFX. Elle entre en vigueur le 1er octobre, avec des délais d’adaptation qui s’étendent jusqu’en 2027.

Concrètement, lors d’un transfert entre un prestataire eFX et un contrepartie étrangère, l’opération doit passer par :

  • une transaction de change classique, ou
  • un compte au Brésil libellé en monnaie locale détenu par un non-résident.

Les cryptoactifs ne peuvent pas servir de support de règlement pour ces paiements transfrontaliers.

Stablecoins et bitcoin exclus du “rail” de paiement

La règle interdit à une entreprise de transfert de fonds de prélever des réais auprès d’un client, de convertir ensuite en USDT, USDC ou bitcoin, puis de régler le paiement à l’étranger via une transaction sur une blockchain.

Autrement dit, la Banque centrale ne cherche pas à supprimer la crypto du marché au sens large, mais à empêcher qu’elle devienne l’infrastructure de règlement des flux internationaux traités par le secteur régulé de l’eFX.

Le trading de crypto reste autorisé, sous conditions

La résolution ne constitue pas une interdiction du trading. Les investisseurs peuvent continuer à acheter, vendre, détenir et transférer des cryptoactifs via des prestataires autorisés de services sur actifs virtuels, dans le cadre de la résolution BCB n° 521 entrée en vigueur le 2 février.

La 561 “verrouille” surtout la partie opérationnelle : elle ferme l’accès au canal de paiement en arrière-plan utilisé par les acteurs eFX autorisés, en excluant explicitement stablecoins et autres cryptos du règlement international.

Une mesure qui touche particulièrement des acteurs de l’envoi de fonds

Le changement vise des entreprises ayant intégré des stablecoins dans leurs parcours de paiement transfrontaliers. Des modèles reposant sur des réseaux de paiement crypto ou sur des stablecoins adossés à des actifs ont ainsi davantage de risques de devoir revoir leur schéma de règlement pour rester conformes aux nouvelles exigences.

Encadrement renforcé des prestataires autorisés

La résolution limite l’activité eFX aux institutions autorisées par la Banque centrale : banques, Caixa Econômica Federal, courtiers en valeurs mobilières et bureaux de change, ainsi que des institutions de paiement agissant comme émetteurs ou acquéreurs d’e-monnaie.

Les entreprises qui ne sont pas encore autorisées peuvent poursuivre leurs activités, mais doivent engager leurs démarches d’ici au 31 mai 2027. Elles devront également utiliser des comptes séparés pour les fonds clients et produire des rapports mensuels détaillés.

Extension du périmètre eFX, mais avec un plafond

La résolution élargit aussi l’usage de l’eFX dans un sens. Les prestataires peuvent désormais traiter des transferts liés à des investissements financiers et de capital au Brésil ou à l’étranger, jusqu’à 10 000 dollars par transaction. Un même plafond s’applique à certaines solutions de paiement numériques non intégrées à des plateformes e-commerce.

Une étape de plus dans la stratégie de régulation

Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de cadrage du secteur. La Banque centrale et les autorités cherchent à conserver l’écosystème crypto “dans le marché”, tout en empêchant qu’il serve de colonne vertébrale au règlement des paiements internationaux dans les circuits régulés.

Pour les professionnels et les investisseurs qui suivent ces évolutions, l’enjeu principal reste la séparation entre, d’une part, l’accès aux cryptoactifs en tant qu’actifs échangés et, d’autre part, l’usage des cryptoactifs comme outil de règlement dans les flux transfrontaliers encadrés.

Dans une approche pratique, beaucoup d’acteurs privilégient des équipements et outils de sécurité pour gérer des opérations financières et des identifiants numériques. Par exemple, un disque SSD portable avec chiffrement peut être utile pour conserver des sauvegardes de documents sensibles. De même, un lecteur de carte à puce pour authentification renforce les procédures d’accès pour certains systèmes internes.

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