Sur les îles de Setouchi, au large de la mer Intérieure, l’art contemporain s’est imposé comme un moteur de récit et de transformation. Ici, un archipel comptant des milliers de petites îles s’ouvre sur une constellation de musées, de galeries et de sculptures, mêlant créations internationales et ancrage local. Parmi ces terres, Naoshima occupe une place centrale, devenue, en quelques décennies, un rendez-vous majeur pour celles et ceux qui veulent lire le paysage autrement.
Naoshima, la passerelle entre territoire et création
Le climat doux de Setouchi a longtemps favorisé une agriculture verdoyante, notamment autour des agrumes et des oliviers. Mais depuis plus de trente ans, la région s’est aussi construite comme un lieu dédié à l’art. Le noyau de cette dynamique s’appelle Benesse Art Site, un ensemble culturel qui s’étend sur Naoshima, Teshima et Inujima, avec Naoshima comme principale vitrine. L’île accueille environ 500 000 visiteurs chaque année, attirés par des œuvres monumentales et des installations lumineuses intégrées au littoral.
Ce projet a pris forme à la fin des années 1980, porté par le développeur Soichiro Fukutake. L’ouverture du Benesse House Museum, en 1992, a d’abord visé un public local, avec des œuvres d’artistes reconnus. L’ambition a ensuite changé d’échelle : l’initiative, à mesure qu’elle s’enrichissait, a contribué à renouveler une région autrefois dominée par de petits villages de pêche en déclin et par un vieillissement de la population.
Un projet qui s’étend : musées, architecture et collections
Le renouveau de Setouchi s’observe aussi dans la multiplication des lieux culturels liés à Benesse. Plusieurs nouveaux musées se sont ajoutés au fil du temps et, pour certains, ont été confiés à l’architecte japonais Tadao Ando, lauréat du prix Pritzker. Parmi les développements récents, le Naoshima New Museum of Art se distingue par un parti architectural affirmé : un bâtiment aux volumes concrets, conçu pour accueillir des œuvres d’artistes asiatiques.
Sur place, l’expérience de visite passe par un parcours qui relie l’extérieur aux espaces souterrains. À l’entrée, un ensemble photographique en noir et blanc présente la vie des habitants de l’île, avec des images réalisées à partir de caméras artisanales en partie construites à partir de bois flotté trouvé sur les plages. Le dispositif cherche à inscrire l’institution dans la communauté, tout en la mettant en dialogue avec le regard international.
Des œuvres conçues pour dialoguer avec le lieu
Le musée ne se contente pas d’exposer : il propose des installations pensées comme des événements. Dans les collections et expositions, on retrouve par exemple une œuvre inspirée de l’habitat traditionnel coréen, réalisée à l’aide d’un assemblage textile, ou encore des sculptures occupant un espace entier, construites autour d’un motif de loups en plein mouvement. L’ensemble participe à une narration artistique où la place du collectionneur est aussi discutée : il est notamment indiqué que l’idée du musée prévoyait, en partie, un lieu d’accueil pour des œuvres acquises.
Les visiteurs peuvent aussi percevoir des clins d’œil plus personnels. Dans un parcours plus large, une peinture de Takashi Murakami représentant des scènes de la ville de Kyoto laisse apparaître un détail qui semble évoquer Soichiro Fukutake, comme une note discrète au milieu d’un ensemble spectaculaire. Le nouveau bâtiment est présenté comme l’aboutissement d’une vision de longue date.
Pour mieux préparer une visite dans la région, certains voyageurs privilégient le confort et l’ergonomie, notamment pour les journées rythmées entre ports, musées et déplacements à pied. Un parapluie compact et résistant au vent peut s’avérer utile dans les conditions changeantes du littoral. Pour les sorties entre expositions, un petit sac de randonnée léger, déperlant et bien aéré aide à garder les essentiels à portée de main sans alourdir l’allure.


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