Le dollar recule nettement ce jour, pénalisé par une baisse du pétrole et par un rapport américain d’activité industrielle jugé moins favorable que prévu. Dans le même temps, les tensions au Moyen-Orient contribuent à soutenir la devise en valeur refuge, ce qui crée un contraste entre facteurs macroéconomiques et géopolitiques.
Dollar en repli : pétrole plus faible et ISM sous attentes
L’indice du dollar décroche d’environ 0,33% et atteint son plus bas sur deux semaines. Cette faiblesse s’explique notamment par la chute d’environ 5% des cours du pétrole, qui allège les anticipations d’inflation et renforce un scénario plutôt accommodant pour la politique monétaire américaine.
Le mouvement est aussi alimenté par un indicateur clé : l’enquête ISM manufacturière d’avril a été publiée inchangée à 52,7, en deçà des attentes (52,7 contre 53,2 anticipé). En revanche, le sous-indice « prix payés » progresse fortement à 84,6, un niveau élevé sur plusieurs années, ce qui tempère l’impact du chiffre global sur les anticipations d’inflation.
- Marché des swaps : probabilité d’environ 8% d’une baisse de taux de 25 points de base lors de la prochaine réunion de la Fed.
Géopolitique : un soutien paradoxal via la valeur refuge
À l’inverse, des tensions renforcées entre les États-Unis et l’Iran jouent en faveur du dollar comme valeur refuge. Les deux parties maintiennent une forme de blocage liée au contrôle du détroit d’Ormuz, ce qui entretient un risque de perturbation des flux énergétiques. Dans ce contexte, les déclarations politiques récentes sur une posture navale et la capacité revendiquée de contrôle du détroit maintiennent la prime de risque sur la zone.
Euro en hausse : tonalité plus ferme côté BCE
L’euro progresse face au dollar et atteint un plus haut sur environ une semaine et demie. La faiblesse du dollar joue mécaniquement en sa faveur. Surtout, des commentaires plus fermes d’un membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Joachim Nagel, ont contribué au mouvement : selon lui, la BCE pourrait devoir relever ses taux en juin si la trajectoire d’inflation ne s’améliore pas nettement.
La baisse du pétrole soutient également l’économie de la zone euro, un point particulièrement pertinent pour les pays importateurs d’énergie. Les volumes de marché restent plus limités, notamment en raison de jours fériés européens.
- Marché des swaps : probabilité d’environ 89% d’une hausse de 25 points de base de la BCE à la prochaine réunion.
Yen soutenu : reprise de l’activité manufacturière et inflation plus faible à Tokyo
Le yen gagne aussi du terrain contre le dollar. La hausse découle d’une révision à la hausse de l’indice PMI manufacturier japonais d’avril, qui confirme un rythme d’expansion plus marqué. Des opérations de soutien du yen réalisées récemment par les autorités japonaises ont aussi pu renforcer la demande sur la devise.
Par ailleurs, l’inflation de Tokyo publiée ce jour s’avère plus faible que prévu, ce qui limite les gains potentiels du yen dans l’immédiat. Globalement, les données combinent un signal de dynamique industrielle et un contexte de prix encore sous tension, laissant les marchés partagés sur la vitesse de normalisation de la politique de la Banque du Japon.
- Marché des swaps : probabilité d’environ 65% d’une hausse de 25 points de base de la BOJ à la prochaine réunion.
Métaux précieux : hausse portée par le dollar plus faible
L’or et l’argent montent dans la foulée de la baisse du dollar et de la détente sur les anticipations d’inflation liées au pétrole. L’or progresse nettement, tandis que l’argent affiche un mouvement encore plus marqué, avec un plus haut sur environ une semaine.
Les tensions au Moyen-Orient peuvent aussi soutenir les métaux via la demande de valeurs refuges. Néanmoins, certains éléments demeurent susceptibles de limiter la hausse : si la situation géopolitique se traduisait par un maintien durable des prix de l’énergie, cela pourrait raviver des pressions inflationnistes et réduire l’incitation des banques centrales à assouplir leur politique. Les commentaires plus fermes côté BCE, par ailleurs, pèsent structurellement sur le métal en renchérissant le coût d’opportunité lié aux taux.
Enfin, les flux de fonds jouent un rôle : des baisses des positions longues dans des ETF sur l’or et l’argent ont été observées ces derniers jours. À l’inverse, une demande institutionnelle solide, notamment via les achats de réserves en or par certaines banques centrales, continue d’apporter un soutien au marché.
Du côté des investisseurs particuliers, certains s’intéressent à la thématique métaux via des accessoires ou supports d’investissement. Par exemple, un petit lingot d’or d’environ 1 gramme est parfois choisi pour découvrir l’univers des métaux physiques, tout en gardant à l’esprit que ce type de produit n’est pas un équivalent direct de la performance d’un actif financier. D’autres préfèrent se tourner vers une pièce en argent bullion (format 1 once), plus adaptée à une logique de détention physique, selon le budget et l’horizon de placement.


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