Le dollar progresse tandis que les marchés actions affichent un repli, et le pétrole en forte hausse pèse sur les anticipations. À l’arrière-plan, des tensions au Proche-Orient soutiennent la valeur refuge de la devise américaine, même si la trajectoire des taux à moyen terme reste un facteur d’incertitude.
Dollar en hausse : liquidité et pétrole
En séance, l’indice du dollar gagne environ 0,2%. Le recul des valeurs à la cote favorise la demande de liquidités et tend à soutenir la devise. Dans le même temps, la flambée du pétrole renforce les anticipations d’inflation, ce qui peut être perçu comme un élément favorable à une politique monétaire plus restrictive de la Réserve fédérale (effet « faucon »).
La devise a aussi bénéficié d’indicateurs jugés meilleurs que prévu aux États-Unis : la confiance des consommateurs du Conference Board s’améliore et le sondage manufacturier de la Fed de Richmond progresse. Ces signaux contrastent avec une dynamique qui, à ce stade, ne suffit pas à effacer totalement les doutes sur l’évolution future des différentiels de taux.
Tensions avec l’Iran : soutien à la valeur refuge
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran occupent également le devant de la scène. Le bras de fer autour du détroit d’Ormuz, avec des blocages des deux côtés évoqués dans les informations de marché, stimule la demande de placement « refuge », ce qui contribue à maintenir le dollar au-dessus de ses niveaux récents.
Actions immobilières et signaux économiques : un appui ponctuel
Côté statistiques, l’indice composite des prix de l’immobilier (home price index) s’inscrit en hausse en rythme annuel, mais à un rythme inférieur aux attentes. Malgré tout, la combinaison d’éléments conjoncturels (confiance en hausse, activité manufacturière au plus haut sur plusieurs mois) soutient l’idée d’une économie américaine qui résiste.
Sur le plan des anticipations de politique monétaire, les marchés semblent désormais intégrer une probabilité faible de nouvelle hausse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed, tout en surveillant la direction attendue des taux en 2026.
Euro et yen sous pression
Face au dollar, l’euro recule d’environ 0,2%. La devise européenne souffre d’un environnement dominé par le dollar plus ferme, mais aussi par la hausse marquée du pétrole, un facteur généralement défavorable aux économies qui dépendent largement des importations d’énergie.
En parallèle, les attentes d’inflation publiées côté zone euro se renforcent : elles jouent un rôle de soutien pour l’euro via une lecture plus restrictive potentielle de la Banque centrale européenne. Toutefois, les cambistes maintiennent une pression nette liée au différentiel de taux perçu.
Le yen s’apprécie légèrement face au dollar, mais reste fragilisé par des rendements obligataires plus élevés et, là encore, par l’impact économique potentiel d’un pétrole plus cher. Les décisions et déclarations de la Banque du Japon limitent la baisse du yen, tout en laissant ouvertes des perspectives de normalisation progressive.
Métaux précieux : baisse généralisée malgré la logique « refuge »
L’or et l’argent reculent nettement sur la séance. La hausse du dollar et des rendements obligataires pèse traditionnellement sur les métaux précieux. À cela s’ajoute un contexte où l’envolée du pétrole ravive les anticipations d’inflation, ce qui peut pousser certaines banques centrales à rester fermes, un scénario généralement défavorable aux actifs ne portant pas d’intérêt.
Malgré ce mouvement, la demande de couverture liée aux incertitudes géopolitiques et économiques demeure un soutien potentiel. Les flux des fonds reflètent néanmoins une prudence récente, avec des réductions de positions longues dans plusieurs véhicules, ce qui alimente la pression baissière.
Un contrepoids important existe toutefois : des achats de réserves en or par des banques centrales, notamment la progression observée des réserves chinoises, continuent d’apporter un soutien structurel à la formation des prix de l’or.
Repères de marché : que surveiller dans les prochains jours
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La direction du dollar, particulièrement sensible aux anticipations de taux et à la dynamique du pétrole.
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L’orientation des rendements obligataires, qui pèse directement sur l’or et l’argent.
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La trajectoire des tensions autour d’Ormuz, susceptible d’accentuer la volatilité.
Pour suivre l’exposition au risque de taux et à la devise, certains investisseurs utilisent des ETF indiciels liés à l’indice du dollar ou des produits d’allocation conçus pour refléter la performance du dollar. Pour les métaux, des produits liés à l’or physique peuvent aussi être utilisés comme référence de couverture, dans une logique de gestion du risque.


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