Alors que l’engouement des investisseurs pour les actions d’entreprises d’intelligence artificielle continue de s’intensifier, Anthropic a rappelé vouloir mettre un terme aux démarches considérées comme non autorisées. La société prévient que plusieurs plateformes de financement ou d’investissement secondaire proposant un accès à ses titres ne seraient pas habilitées à agir au nom de ses règles de transfert.
Des plateformes listées comme non autorisées
Dans une mise à jour rendue publique, Anthropic cite plusieurs acteurs qu’elle considère comme non autorisés à faciliter l’achat ou la cession de ses actions, ou à accorder un accès à des intérêts liés à ses titres. Parmi les noms mentionnés figurent Open Doors Partners, Unicorns Exchange, Pachamama Capital, Lionheart Ventures, Hiive, Forge Global, Sydecar et Upmarket.
Anthropic indique que toute vente ou tout transfert d’actions, ainsi que tout intérêt rattaché à ces actions, initié par ces entités, serait « nul et non reconnu » dans ses registres. En d’autres termes, la société affirme ne pas valider ces opérations, même lorsqu’elles se présentent comme des voies d’accès à ses titres.
Des opérations qui s’appuient sur des marchés secondaires
Le rappel d’Anthropic s’inscrit dans un contexte où se multiplient les offres d’investissement visant à donner une exposition aux actions de sociétés privées via des mécanismes de marché secondaire. Ces produits peuvent prendre différentes formes, notamment :
- des instruments dérivés liés à la valorisation de sociétés privées (par exemple des contrats à terme « perpétuels ») ;
- des structures de type special purpose vehicle (SPV), qui consistent à créer une entité susceptible de détenir une participation dans la société concernée ;
- des dispositifs reposant sur des participations détenues sur des marchés secondaires.
Anthropic souligne que ses restrictions de transfert s’appliquent aussi bien à ses actions « ordinaires » qu’à ses actions privilégiées. Selon la société, toute transaction non approuvée par son conseil d’administration est considérée comme invalide.
Le cas des SPV : une interdiction explicitement rappelée
La société précise en particulier sa position concernant les SPV. Elle affirme ne pas autoriser que ces structures acquièrent des actions Anthropic et indique que toute cession de titres à un SPV serait nulle au regard de ses règles internes. De la même manière, les offres visant à investir dans des tours de financement passés ou futurs via des SPV seraient prohibées.
Dans ce type de schéma, la nature exacte de l’actif détenu ou revendiqué par la structure d’investissement peut varier : certains montages prétendent détenir une participation réelle dans l’entreprise, tandis que d’autres propositions peuvent relever d’un accès indirect, ou reposer sur des droits dont la réalité peut être contestable. Le message d’Anthropic vise donc surtout à rappeler que la conformité doit être vérifiée au regard de ses propres restrictions, et non sur la seule base de l’offre commerciale.
Un signal de vigilance pour les investisseurs
Pour les investisseurs, cette alerte renforce l’idée qu’un accès annoncé à des actions de sociétés privées ne garantit pas, à lui seul, la reconnaissance de l’opération. Avant d’engager des fonds, il est généralement prudent de vérifier la structure proposée (dérivé, SPV, contrat, détention de titres), ainsi que la manière dont l’opération s’articule avec les règles de transfert de l’émetteur.
Dans une logique de gestion du risque, certains investisseurs utilisent aussi des produits de courtage ou de diversification afin d’exposer leur portefeuille sans se concentrer sur un seul risque de contrepartie. Par exemple, un lecteur cherchant à diversifier son exposition peut envisager un ETF mondial d’allocation diversifiée (selon sa stratégie et ses contraintes locales), plutôt que de dépendre de mécanismes d’accès aux actions privées.
De même, pour mieux comprendre les produits liés aux marchés privés et aux instruments dérivés, une ressource pédagogique peut aider à distinguer les mécanismes de détention et ceux de reconstitution de valeur. Un livre de référence sur les marchés privés et les dérivés peut être utile pour poser les bonnes questions avant toute souscription.
En définitive, la communication d’Anthropic agit comme un avertissement : l’existence d’une plateforme proposant un accès à ses actions ne signifie pas que la société valide ces transactions, notamment lorsqu’elles passent par des intermédiaires ou des montages qui, selon elle, ne respectent pas ses restrictions de transfert.

