Le mal des loisirs est réel : voici comment le prévenir


Après des semaines, parfois des mois, de préparation, la destination est enfin atteinte. L’idée est simple : se reposer, profiter du soleil et oublier le quotidien. Pourtant, à peine installé, un rhume semble s’annoncer, la gorge gratte ou la fatigue frappe. Ce type de désagrément pendant les vacances n’a rien d’exceptionnel, et il existe même un terme pour l’illustrer : leisure sickness, ou « maladie des vacances ». L’explication tient moins à la détente elle-même qu’au contexte dans lequel le repos arrive.

Pourquoi tombe-t-on malade en vacances ?

Le concept a été popularisé au début des années 2000 par le psychologue Ad Vingerhoets, qui a observé que certaines personnes, souvent très performantes et soumises à un stress important, tombaient plus facilement mal une fois leurs vacances commencées. Son travail suggère que les symptômes rapportés peuvent inclure des maux de tête, des douleurs musculaires, une fatigue marquée, des nausées et des sensations de type grippal.

Une hypothèse revient régulièrement : l’état du corps avant le départ. Dans les semaines qui précèdent, beaucoup continuent à « tenir » : nuits trop courtes, rythmes de travail intensifs, alimentation irrégulière ou approximative. Autrement dit, l’organisme arrive en vacances déjà sous tension. Lorsque le repos s’installe vraiment, des mécanismes physiologiques se modifient, et des symptômes déjà en gestation peuvent alors devenir perceptibles.

Plusieurs médecins expliquent ce phénomène par un lien avec le cortisol, une hormone associée à la réponse au stress. En période d’effort et de pression, le cortisol participe notamment à moduler l’inflammation et l’activité immunitaire. Au moment où l’on ralentit, ses niveaux peuvent redescendre. L’immunité reprend alors son fonctionnement de manière plus « active », ce qui peut coïncider avec l’apparition de symptômes, parfois liés à une inflammation déjà présente ou à une infection en incubation.

Les personnes qui vivent un stress chronique sont souvent considérées comme plus exposées. Lorsque le cortisol reste élevé sur une longue durée, il peut perturber certaines réponses immunitaires et réduire la capacité de l’organisme à faire face aux agents infectieux. S’y ajoutent des facteurs fréquents pendant les voyages : expositions potentielles dans les lieux fréquentés, sommeil perturbé par le décalage horaire ou les trajets, et changements alimentaires pouvant affecter le microbiote intestinal.

Stress, immunité et maladies « qui attendent »

Le mécanisme peut aussi toucher des conditions déjà présentes ou des virus latents. Par exemple, le stress est reconnu comme un déclencheur possible de poussées inflammatoires. Dans ce cadre, un virus comme celui de la varicelle (qui peut rester latent) peut être « réactivé » chez certaines personnes, entraînant alors une forme de zona. D’autres troubles susceptibles d’être influencés par le stress figurent aussi parmi les pathologies souvent citées, comme certaines maladies auto-immunes, l’eczéma ou le syndrome de l’intestin irritable.

Comment limiter le risque avant et pendant le départ

Sans chercher à éliminer tout risque (les infections circulent), on peut réduire les facteurs qui fragilisent l’organisme avant le voyage. L’objectif est de laisser au corps un temps d’adaptation, tout en gardant une routine protectrice, même en vacances.

  • Récupérer avant de partir : viser des nuits plus régulières dans les jours précédant le départ, et éviter les « dernières semaines » trop intensives quand cela est possible.
  • Garder une alimentation relativement stable : ne pas multiplier les repas très déséquilibrés ou l’excès d’alcool, qui peuvent aggraver la fatigue et le dérèglement digestif.
  • Soigner l’hydratation : surtout lors des trajets, l’eau permet de mieux gérer la fatigue et l’inconfort.
  • Respecter le sommeil et le rythme : en cas de décalage horaire, tenter de s’aligner progressivement sur l’horaire local.
  • Limiter les contacts à risque : en milieu très dense, l’attention portée à l’hygiène des mains et à la ventilation des espaces aide à réduire la probabilité d’exposition.

Pour soutenir la récupération, certaines personnes se tournent aussi vers des solutions simples de confort. Par exemple, un lavage nasal au sérum physiologique peut être utile en cas d’irritation nasale ou de sensation de nez encombré, sans remplacer un avis médical. De même, un thermomètre numérique permet de suivre l’évolution de symptômes comme la fièvre, afin de mieux décider s’il faut consulter.

Au fond, la « maladie des vacances » reflète surtout un décalage entre l’état réel du corps avant le départ et le moment où l’on ressent les symptômes. Mieux préparer le repos, stabiliser les routines essentielles et ménager sa récupération peuvent réduire la probabilité que le relâchement se traduise par des manifestations gênantes.

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