La production solaire pourrait être freinée par un facteur souvent négligé : la pollution issue du charbon. Une étude met en lumière le rôle des aérosols atmosphériques—notamment ceux liés aux émissions de dioxyde de soufre—dans la baisse de la quantité d’énergie solaire effectivement convertie par les panneaux. Le phénomène varie selon les régions, mais il souligne un enjeu clair : la transition énergétique ne dépend pas uniquement de la technologie, elle dépend aussi de la qualité de l’air.
Des pertes liées aux aérosols, même dans les zones favorables au solaire
Les chercheurs rappellent que les aérosols peuvent contribuer à la formation de nuages, ce qui renforce encore les pertes. Toutefois, l’ampleur de cet effet reste plus difficile à chiffrer. L’analyse se concentre donc principalement sur les aérosols, qui réduisent le rayonnement atteignant les panneaux.
Une partie des aérosols a des origines naturelles, par exemple la poussière soulevée par les vents dans certaines régions désertiques. Mais, contrairement à une idée répandue, l’impact global de la poussière semble limité par un fait simple : malgré un ensoleillement important, le déploiement de l’infrastructure solaire dans le désert reste encore relativement faible à l’échelle mondiale.
Le charbon en première ligne
Selon les estimations de l’étude, les aérosols provenant de la combustion du charbon constituent un contributeur majeur. Les chercheurs évaluent que les aérosols liés au dioxyde de soufre—produit principalement par les centrales au charbon—représentent près de la moitié des aérosols analysés. Les particules riches en carbone issues d’autres sources fossiles contribueraient aussi, à hauteur d’environ 18 %.
Des effets marqués en Chine, plus limités aux États-Unis
L’impact n’est toutefois pas uniforme. En Chine, les pertes dues aux aérosols sont estimées à 7,7 % en moyenne, avec un effet capable de compenser entre un tiers et la moitié de la croissance annuelle de la production solaire. Les chercheurs soulignent que la répartition géographique des pertes suit de près celle des capacités électriques alimentées au charbon.
En s’appuyant sur des données de pollution, une part importante de ces pertes (environ 30 %) est attribuée à la combustion du charbon.
Aux États-Unis, la situation diffère. La production solaire est majoritairement concentrée dans le sud et l’ouest, tandis que les centrales au charbon sont davantage présentes dans l’est et le nord-est. Résultat : les pertes annuelles y seraient inférieures à la moitié de celles observées en Chine, autour de 3 %.
Une amélioration en Chine, mais un signal important pour la transition
Les chercheurs notent toutefois une tendance positive en Chine. Des mesures prises face à des épisodes de pollution sévères—avec le déploiement de centrales au charbon plus performantes et la mise à l’écart de certains sites les plus polluants—semblent également bénéficier au solaire. Les données indiquent une réduction de l’impact des aérosols au cours des dernières années.
Malgré ces progrès, l’un des points saillants de l’étude est que le charbon apparaît comme la seule source d’énergie capable de diminuer activement la productivité de son principal concurrent. Cet effet peut devenir un argument supplémentaire pour accélérer le désengagement du charbon, car des gains sur la qualité de l’air peuvent se traduire, directement et indirectement, par une meilleure performance du solaire.
Dans une démarche de surveillance et d’optimisation de l’énergie solaire, certains utilisateurs s’équipent d’instruments de mesure environnementale (capteurs météo et qualité de l’air) pour mieux comprendre les variations de performance. Par exemple, un capteur météo pour station domestique peut aider à corréler l’ensoleillement, la nébulosité et les conditions locales avec les rendements observés. Pour un suivi technique plus poussé, un système de monitoring pour onduleur photovoltaïque facilite aussi l’analyse des pertes de production dans le temps.

