Le Bastl Kalimba se présente comme une kalimba, mais il fonctionne surtout comme un synthétiseur. L’idée est simple : on joue les tines comme on le ferait sur un instrument à lamelles, tandis qu’un moteur sonore s’occupe du reste. Résultat, l’attaque évoque parfois la kalimba, mais la palette sonore dépasse largement le cadre d’un instrument acoustique.
Les lamelles ne produisent pas un son acoustique marqué. Elles servent surtout de déclencheurs sensibles au toucher et à la vélocité. Un micro interne peut être mélangé au signal pour ajouter une touche plus “naturelle”, mais l’identité sonore reste majoritairement portée par la synthèse, combinant modélisation physique et FM.
Un moteur de synthèse pensé pour la performance
Au-delà des sons de type pluck et pad, l’instrument propose des traitements et des effets intégrés. On retrouve notamment des options de delay et de reverb, mais aussi des fonctions plus “sonores” comme la distorsion, le bit crushing et une émulation de bande (tape). Un filtre multi-mode, passe-haut et passe-bas, permet également de sculpter le timbre, complété par un arpeggiator simple.
Looper, effets liés au geste et points de contact
Ce qui rend le Bastl Kalimba particulièrement singulier, c’est l’intégration d’une section de looper et de points de contrôle directement associés au jeu. Le looper inclut des fonctions de time-stretch, permet un renversement et autorise une relecture réenregistrée à travers les effets, ce qui ouvre la voie à des traitements plus destructifs.
En façade, des touchpads permettent des variations en temps réel : des glissements de note (note glides) et des altérations du timbre via des effets spécifiques, désignés par Bastl comme “Soil” et “Wind”. Ces traitements s’appuient aussi sur l’accéléromètre, ajoutant une dimension de contrôle par le mouvement. Sur le dessus, deux zones tactiles programmables peuvent être affectées à de nombreux paramètres, du contrôle de la hauteur à des réglages plus globaux comme la “taille” de la réverbération.
Le modèle reste aussi un instrument de travail pour ceux qui cherchent de la modulation “par le geste”, avec une interface pensée pour évoluer pendant qu’on joue, plutôt que de se limiter à de simples réglages. Pour élargir l’environnement de jeu, certains utilisateurs associent ce type de synthé à un casque de monitoring, utile pour percevoir finement les variations de timbre et la dynamique des effets.
Contexte de production et place dans la gamme
Le Bastl Kalimba a fait l’objet d’une campagne de préfinancement pour lancer la première série. Ce type de démarche peut parfois impliquer des délais ou des incertitudes propres aux produits issus de la conception jusqu’à la production, même si la marque est connue pour proposer du matériel atypique et parvenir à le produire à plus grande échelle. Bastl indique également que le développement du produit a été particulièrement exigeant, ce qui laisse entendre une phase de mise au point longue avant stabilisation.
Au final, le Bastl Kalimba ne cherche pas à reproduire fidèlement une kalimba acoustique : il exploite la manière de jouer d’un instrument à lamelles pour déclencher et moduler un univers sonore de synthèse. Pour les musiciens en quête d’un contrôleur intuitif, orienté performance, avec des effets et des gestes intégrés au dispositif, il constitue une proposition originale—et exigeante aussi dans sa façon d’encourager l’exploration.

