SpaceX commence la transition après le succès de la fusée la plus performante au monde



SpaceX semble engager une transition progressive : sa fusée de travail, la Falcon 9, effectue moins de lancements qu’auparavant. La baisse observée jusqu’ici reste limitée et ne donne pas, à ce stade, l’impression d’un dysfonctionnement majeur. Elle s’inscrit plutôt dans une stratégie consistant à concentrer davantage de ressources sur Starship, le système de lancement plus vaste et central pour les ambitions à long terme de l’entreprise.

Une cadence en baisse, mais sans signe d’alerte

D’après les données de lancement, SpaceX a réalisé 165 missions avec la Falcon 9 l’an dernier, sans compter les vols Falcon Heavy. C’est plus que les 134 lancements combinant Falcon 9 et Falcon Heavy en 2024, et nettement supérieur aux 96 vols en 2023. Pour 2026, l’entreprise évoque une fourchette de « 140 à 145 environ » lancements Falcon 9. L’idée est claire : lancer encore, mais moins, puis réduire progressivement à mesure que Starship devient opérationnel.

En interne, le message est cohérent : tant que Starship n’est pas pleinement en service, la Falcon 9 reste utile. Mais la trajectoire à moyen terme consiste à déplacer le centre de gravité vers Starship, afin de soutenir des objectifs plus ambitieux dans l’espace, notamment des missions vers la Lune et Mars, ainsi que des projets connexes comme des infrastructures en orbite et l’évolution du système Starlink.

La transition se voit dans les sites de lancement

La réduction de cadence apparaît surtout sur la « Space Coast » en Floride, où SpaceX a longtemps concentré une grande partie de ses lancements. Jusqu’en décembre dernier, l’entreprise utilisait deux emplacements majeurs : le complexe LC-39A au Kennedy Space Center et un second site au Cape Canaveral Space Force Station, à proximité.

Depuis, le site de Kennedy, désormais orienté vers Starship, n’est plus en rotation pour les lancements Falcon 9. En revanche, LC-39A demeure mobilisable pour des vols ponctuels de Falcon Heavy. SpaceX a notamment lancé une Falcon Heavy après environ un an et demi d’attente sur ce site, et d’autres vols similaires pourraient intervenir plus tard dans l’année.

Le Cape Canaveral ralentit aussi

Le rythme baisse également au Space Launch Complex 40, plus ancien site de lancement de SpaceX dans la région. L’entreprise a retiré du service une plateforme de récupération maritime basée en Floride, en vue d’une réutilisation ultérieure comme moyen de transport lié à Starship et à ses éléments (Super Heavy et boosters) depuis le site industriel du sud du Texas vers la Floride.

Parallèlement, SpaceX construit une deuxième usine dédiée à Starship à Kennedy. L’objectif annoncé par les responsables est toutefois de démarrer les vols Starship depuis la Floride avant que cette nouvelle installation ne soit entièrement opérationnelle.

Dans ce contexte, les observateurs et professionnels de l’aérospatial suivront probablement avec attention la façon dont SpaceX équilibre l’exploitation de la Falcon 9 et l’accélération de Starship, notamment en termes de calendrier, de logistique et d’infrastructures.

  • Pour suivre les signaux de lancement, de décollage et de météo liées aux fenêtres de tir, un jumelles adaptées à l’observation (type 10×50) peuvent aider à surveiller les phases au sol, selon la distance et les conditions locales.
  • Lors de déplacements pour observer des lancements, un petit poste météo portable peut être utile pour anticiper vent, humidité et variations de température.