Le doublage italien de « The Devil Wears Prada 2 » suscite une controverse inattendue


Un constat s’impose : la sortie de The Devil Wears Prada 2, vingt ans après le premier film culte, a suscité des réactions contrastées. Sur le plan commercial, l’entreprise semble toutefois avoir trouvé son public. Le film a réuni environ 77 millions de dollars dans les salles américaines, puis quelque 157 millions de dollars à l’international depuis sa sortie début avril, des chiffres qui, de fait, alimentent le débat public.

Une polémique centrée sur le doublage italien

En Italie, la discussion ne porte pas uniquement sur l’histoire ou la mise en scène. Elle s’est rapidement déplacée vers le doublage. La version italienne a conservé une partie du casting vocal du premier opus, dans une logique de continuité : Connie Bismuto reprend la voix d’Anne Hathaway (Andy), Francesca Manicone double Emily Blunt (Emily), et Gabriele Lavia revient pour prêter sa voix à Stanley Tucci (Nigel). Le point le plus commenté concerne Maria Pia Di Meo, habituée à doubler Meryl Streep dans de nombreuses adaptations italiennes, y compris le rôle emblématique de Miranda Priestly.

Pour certains spectateurs, retrouver ces voix familières renforce l’immersion et rappelle l’identité du film original. Pour d’autres, les différences perçues proviennent moins du choix des comédiens que de l’évolution de leurs voix au fil du temps, particulièrement marquée dans le cas de Di Meo et, dans une moindre mesure, de Lavia.

Le vieillissement des voix, un décalage jugé trop visible

Maria Pia Di Meo, née en 1939, est largement reconnue pour son travail et sa capacité à incarner des actrices hollywoodiennes avec une grande expressivité. Pourtant, des critiques estiment que sa performance actuelle met davantage en évidence le passage des années : la voix, devenue plus âgée, serait moins en adéquation avec l’énergie et la vivacité du personnage de Miranda, incarné à l’écran par une actrice plus jeune de quelques années dans l’original.

Le même type de remarque revient autour de Gabriele Lavia, dont le doublage serait parfois perçu comme moins fluide, avec un rendu qualifié de “forcé” par certains commentateurs.

Au-delà des voix : la question de l’adaptation et du rythme

La controverse dépasse cependant le seul sujet du vieillissement. Plusieurs internautes pointent aussi la manière dont certaines répliques sont adaptées et synchronisées. Les bandes-annonces en version italienne donnent l’impression que la vitesse des dialogues rend parfois la compréhension plus difficile, et que certaines expressions liées à des références culturelles américaines ne passent pas toujours avec la même évidence.

Des questions simples reviennent : que recouvrent certains intitulés de postes mentionnés à l’écran, et comment sont traitées des références à des marques ou habitudes locales ? Dans le film, des formulations spécifiques peuvent nécessiter une explication implicite que tout le monde ne maîtrise pas forcément, notamment hors des États-Unis.

Autrement dit, ce qui serait en cause, ce n’est pas uniquement le talent des comédiens, mais aussi un système de doublage qui, face à des productions de plus en plus rapides, parvient moins bien à suivre la précision et la densité du contenu original.

Le cinéma doublé reste majoritaire, malgré les critiques

Malgré ces critiques, l’Italie demeure un marché où le public se rend très largement en salles pour des versions doublées, au moins dans le cadre du visionnage au cinéma. Les débats en ligne peuvent alors être compris comme un rappel : l’enjeu ne concerne pas seulement la fidélité à l’original, mais aussi la qualité globale de l’adaptation, qui reste un impératif lorsque la cadence de production s’accélère.

Pour ceux qui souhaitent, dans la même logique, comparer le rendu entre versions et mieux apprécier les choix de traduction, une bonne façon de procéder consiste à s’équiper d’un casque ou d’un système audio permettant de distinguer finement la synchronisation. Par exemple, un casque audio filaire de qualité peut aider à entendre les différences de rythme et de sous-entendus dans les dialogues.

À l’autre extrémité, l’expérience passe aussi par l’écran. Pour une consultation confortable des contenus en vidéo, une télévision 4K avec une bonne gestion du son contribue à mettre davantage en lumière les détails d’interprétation et les écarts éventuels entre langues.