Deux jours avant le début d’un procès très médiatisé opposant Elon Musk à OpenAI, Greg Brockman, cofondateur et président de l’entreprise, a évoqué la possibilité d’un règlement. Selon la version rendue publique par les avocats d’OpenAI, Musk aurait répondu que, en cas de poursuite de la procédure, Brockman et Sam Altman deviendraient “les hommes les plus détestés d’Amérique” en fin de semaine. Au-delà de la stratégie judiciaire, ces éléments laissent entrevoir une bataille d’influence : convaincre le jury et, plus largement, affaiblir la réputation des dirigeants d’OpenAI.
Une confrontation centrée sur le pouvoir… et la rémunération
Lorsque Brockman a pris la parole au tribunal, l’avocat de Musk, Steven Molo, a rapidement orienté ses questions vers la rémunération et les intérêts financiers de l’intéressé. Greg Brockman a indiqué que sa participation au capital d’OpenAI pouvait représenter aujourd’hui une valeur supérieure à 20 milliards de dollars, avec une fourchette pouvant atteindre environ 30 milliards. Dans le même échange, il a aussi reconnu qu’un projet de don de 100 000 dollars à OpenAI, évoqué au moment de la création de l’entreprise, n’avait finalement pas été concrétisé.
Le poids d’OpenAI dans la fortune personnelle de Brockman
Brockman occupe depuis 2015 plusieurs responsabilités clés au sein d’OpenAI, notamment durant les premières années de l’entreprise, lorsqu’elle fonctionnait depuis son logement à San Francisco. Aujourd’hui encore, il est décrit comme fortement impliqué dans la réorientation des activités d’OpenAI vers quelques produits et lignes de recherche jugés prioritaires.
Au cours de l’année écoulée, ses engagements politiques ont également fait partie des discussions publiques entourant le dossier. Brockman a soutenu que ces contributions s’inscrivaient dans la mission de l’organisation et dans une perspective de bénéfices “pour l’humanité”. Ces éléments sont toutefois traités dans le cadre plus large du débat sur les intérêts d’OpenAI et de ses dirigeants.
Le cœur de l’argumentation : mission initiale vs intérêts financiers
Du côté de Musk, l’enjeu serait de montrer que Brockman et Sam Altman auraient, en pratique, tiré profit d’un cadre initialement porté par une logique non lucrative. Dans ses questions, l’avocat a cherché à mettre en contraste la promesse de priorité au mandat initial avec la richesse accumulée par les dirigeants.
Greg Brockman a répondu en rappelant que, selon lui, ses intérêts financiers ont toujours été subordonnés à la mission de l’entreprise. Il a notamment expliqué qu’au moment de la création de la branche à but lucratif en 2019, une participation significative lui avait été attribuée en lien avec la transformation structurelle. Il a également soutenu que la réussite d’OpenAI repose avant tout sur les personnes restées dans la durée pour développer la technologie.
Pourquoi ne pas donner davantage à la fondation ?
L’interrogation centrale posée en audience concernait la redistribution : pourquoi ne pas céder une part plus importante de la fortune personnelle pour soutenir l’œuvre à but non lucratif ? Molo a demandé pourquoi, compte tenu d’une valeur évoquée autour de 29 milliards de dollars, Brockman n’aurait pas fait un don massif. Brockman a répondu en insistant sur le travail accompli depuis les premières années, évoquant une contribution de type “sueur, sang et larmes”.
Dans la foulée, il a mis en avant le rôle de la fondation : selon son témoignage, celle-ci détient une participation évaluée à plus de 150 milliards de dollars, ce qui en ferait l’une des fondations les plus riches. Il a aussi souligné que la fondation représenterait une part plus importante que sa participation individuelle, et que les salariés d’OpenAI détiendraient eux aussi une part significative des actions.
Une valeur appelée à évoluer si une introduction en bourse se concrétise
Enfin, les échanges ont également porté sur la perspective d’une introduction en bourse. Brockman a indiqué qu’OpenAI pourrait être en discussion sur un tel scénario. Dans ce contexte, sa participation pourrait dépasser les estimations actuelles : la valeur de ses parts dépendrait notamment des décisions stratégiques et de l’environnement de marché.
Cette audience illustre une dimension souvent décisive dans les procès liés à la gouvernance des entreprises technologiques : au-delà des accusations, la question de la cohérence entre la mission affichée au départ et les intérêts financiers réellement accumulés reste au centre du débat. La suite du procès devra clarifier, preuves à l’appui, ce qui relève des choix de gestion, des motivations personnelles et des dynamiques de pouvoir entre actionnaires, fondateurs et salariés.
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