Le nouveau LiDAR couleur d’Ouster est destiné à remplacer les caméras


L’industrie de la robotique et de la conduite autonome cherche depuis des années la meilleure combinaison de capteurs pour comprendre l’environnement. Ouster affirme avoir trouvé une réponse en intégrant, au sein d’un même dispositif, la mesure de profondeur du lidar et l’acquisition d’images couleur.

La société, basée à San Francisco, présente une nouvelle gamme de capteurs lidar baptisés « Rev8 », présentés comme des “native color lidar”. L’objectif affiché est de simplifier la perception des machines en réduisant le besoin de fusion complexe entre plusieurs capteurs, notamment entre une caméra et un lidar distincts.

Un seul capteur pour la 3D et la couleur

Avec Rev8, Ouster vise à produire simultanément des informations de profondeur en trois dimensions et des données couleur, transformant ainsi ce qui était, jusqu’ici, un traitement en deux étapes en un flux plus unifié. L’entreprise décrit cette approche comme une capacité « native » : l’appareil capterait à la fois l’image et la topographie, sans exiger une mise en correspondance complète entre deux sources séparées.

Le PDG d’Ouster, Angus Pacala, explique que l’enjeu historique pour les fabricants et les intégrateurs consiste à calibrer et fusionner les données issues de capteurs différents. Selon lui, cette phase mobilise du temps et ne permet souvent d’atteindre qu’un niveau partiel de performance.

L’ambition est claire : selon Ouster, un tel capteur pourrait, à terme, réduire le rôle des caméras dans certaines architectures de perception, en s’appuyant directement sur un flux lidar “colorisé” et pré-intégré.

Une architecture « digital lidar » et une technologie SPAD

Ouster s’appuie sur une architecture dite « digital lidar ». Là où les systèmes analogiques reposent sur davantage de composants mobiles, l’entreprise fait capturer les informations directement sur une puce dédiée grâce à des détecteurs spécifiques : des diodes à avalanche à photons uniques (SPAD).

Dans la gamme Rev8, la technologie SPAD est également utilisée pour l’acquisition des données couleur. Pacala affirme que cette méthode permettrait une sensibilité accrue par rapport à des caméras “classiques”, tout en conservant un flux 3D exploitant la profondeur.

  • Ouster met en avant une définition couleur sur 48 bits et une plage dynamique élevée (116 dB), présentées comme des caractéristiques visant une meilleure robustesse aux variations de luminosité.
  • Le système fournirait un nuage de points “colorisé” traité en amont, avec un format que les équipes de perception pourraient exploiter comme un flux de données 3D ou, selon les besoins, comme un flux image.

Vers de nouveaux usages : robotaxis, drones et logistique

Au-delà du principe “un capteur, deux fonctions”, Ouster situe la valeur du Rev8 dans des cas d’usage nécessitant à la fois une bonne compréhension spatiale et des détails visuels. L’entreprise cite notamment les robotaxis, la robotique industrielle, ainsi que les drones et la logistique à haute vitesse.

Pacala souligne en particulier le capteur OS1 Max, qu’il décrit comme un lidar longue portée et qu’il associe à des déploiements possibles dans des scénarios de transport automatisé et de vol.

Une concurrence déjà présente sur le “color lidar”

Ouster n’est pas la seule entreprise à communiquer autour du lidar couleur. D’autres acteurs, notamment en Chine, ont aussi annoncé leurs propres plateformes. L’idée générale reste la même : augmenter la perception en combinant la dimension visuelle et la profondeur.

Selon Ouster, la différence principale résiderait dans l’intégration : plutôt que de juxtaposer lidar et caméra dans un système séparé, la logique revendiquée consiste à mettre imagerie et mesure sur une même base de calcul et de capture. Le but est de diminuer l’effort de traitement côté intégrateur et d’ouvrir la voie à une architecture moins dépendante de caméras.

Des produits pour la gamme Rev8

La société annonce plusieurs modèles construits autour de la plateforme Rev8, dont OS0, OS1 et OSDome. Ouster indique aussi avoir déjà expédié des échantillons à des clients existants et affirme travailler à la mise en production et aux commandes.

Pour les équipes qui évaluent ces capteurs, il est souvent utile de disposer d’un écosystème de test cohérent. À titre d’exemple, certains laboratoires s’équipent de systèmes d’alimentation et de contrôle robustes, comme le chargeur/alim de table pour électronique industrielle, afin de fiabiliser les essais en environnement atelier.

Les évaluations portent également sur la capacité à enregistrer et analyser des flux capteurs. Un disque SSD externe rapide peut s’avérer utile pour stocker et relire des données de perception lors de phases de tests.

À ce stade, l’annonce d’Ouster met surtout l’accent sur un changement de promesse : réduire la charge de fusion et de calibration entre capteurs, tout en proposant un flux 3D exploitant directement l’information couleur. Reste à voir comment ces spécifications se traduiront, concrètement, dans les déploiements à grande échelle et dans des environnements variés.