La gouverneure du Maine, Janet Mills, a opposé son veto à un projet de loi visant à suspendre temporairement la construction de grands centres de données dans l’État, jusqu’à l’automne 2027. La décision intervient après un vote favorable au sein des deux chambres du Parlement du Maine, dans un contexte où les besoins en infrastructures numériques, notamment liés au développement de l’intelligence artificielle, suscitent des débats sur l’impact énergétique, environnemental et sur l’aménagement du territoire.
Un moratoire centré sur les plus gros sites
Le texte rejeté prévoyait d’arrêter la construction des centres de données consommant au moins 20 mégawatts d’électricité. Il imposait également aux organismes publics de ne pas délivrer de permis si les projets proposés dépassaient ce seuil. Au-delà du blocage, le projet de loi devait aussi instaurer un « Maine Data Center Coordination Council », chargé de formuler des orientations stratégiques, de faciliter la planification coordonnée et d’évaluer les bénéfices ainsi que les risques liés à l’implantation de nouveaux sites dans le Maine.
Un veto assorti d’une approche alternative
En refusant la mesure législative, Janet Mills a toutefois indiqué vouloir soutenir une logique comparable par une voie différente : la mise en place d’un conseil dédié via un arrêté exécutif. L’objectif affiché est de mieux structurer l’anticipation des projets de centres de données et la réflexion publique autour de leur intégration dans le paysage énergétique et économique de l’État.
La gouverneure a par ailleurs signé une autre loi, visant cette fois à empêcher les centres de données de participer aux programmes d’incitation fiscale liés au développement des entreprises dans le Maine. Autrement dit, le veto ne signifie pas un désengagement complet : il s’inscrit plutôt dans une stratégie plus progressive et ciblée.
Un débat qui s’étend à d’autres États
Le Maine n’est pas un cas isolé. Plusieurs États américains envisagent, à des degrés divers, des restrictions ou des moratoires temporaires concernant l’implantation de centres de données. New York a notamment fait l’objet de discussions parlementaires visant à bloquer la construction de nouveaux sites pendant plusieurs années. Au niveau fédéral, des propositions politiques ont aussi circulé pour instaurer des pauses touchant à la fois la construction et certaines mises à niveau d’infrastructures existantes.
Dans le même temps, les acteurs du numérique insistent sur les besoins croissants de calcul et d’alimentation électrique, tandis que les autorités fédérales ont, par moments, plaidé pour une accélération des déploiements liés à l’intelligence artificielle. Ces tensions mettent en évidence un dilemme : ralentir la dynamique des infrastructures peut répondre à des préoccupations locales, mais risque aussi de heurter la compétitivité et la capacité à suivre la demande en services numériques.
Entre planification et continuité de l’investissement
Le veto du Maine illustre une approche intermédiaire : plutôt qu’un arrêt pur et simple de la construction, l’État privilégierait une meilleure coordination et des arbitrages structurés. En pratique, la période à venir dépendra des modalités exactes de l’exécutif pour organiser le conseil annoncé, ainsi que des garde-fous appliqués aux projets, en particulier sur l’accessibilité énergétique et la capacité de planification des territoires.
Pour les acteurs qui suivent ces enjeux, l’évaluation de la consommation et de l’empreinte énergétique des infrastructures informatiques reste centrale. À titre de repère, certains décideurs s’appuient sur des instruments de mesure et de suivi de l’énergie et de la qualité d’alimentation ; par exemple, un compteur d’énergie/monitoring de consommation peut aider à documenter des usages, même si son périmètre ne se substitue pas aux analyses industrielles des opérateurs de data centers.
Côté infrastructure, la résilience des réseaux et des systèmes de secours demeure également un sujet de fond. Des équipements de supervision et de protection électrique, comme un onduleur (UPS) pour équipement IT, sont souvent cités dans les discussions sur la continuité de service et la stabilité de l’alimentation—des considérations qui pèsent, indirectement, sur la manière dont les projets sont planifiés et modernisés.

