
En annonçant une nouvelle gamme de satellites à forte puissance, Vast entend se positionner sur un marché en pleine transformation. Après avoir surtout été associée aux stations spatiales, l’entreprise élargit ses ambitions alors que la demande en orbite se diversifie et que la fabrication de satellites évolue rapidement.
Un marché en recomposition
Jusqu’ici, aux États-Unis, la production de satellites moyens et grands reposait surtout sur quelques industriels historiques. Ces équipements étaient généralement coûteux, souvent conçus sur mesure, avec des budgets pouvant atteindre des dizaines, voire des centaines de millions de dollars.
Ces dernières années, plusieurs évolutions ont modifié la donne. D’abord, les orientations des agences publiques américaines ont mis en avant les constellations « proliférées » : plutôt que quelques satellites très coûteux et très concentrés, l’idée consiste à multiplier des unités plus nombreuses et plus petites, ce qui peut réduire certains risques et optimiser l’architecture globale.
Ensuite, la montée en cadence des lancements, notamment grâce à Falcon 9, et la généralisation des missions « rideshare » ont rendu plus facile, et parfois plus économique, l’accès à l’orbite pour des satellites de format plus réduit. Résultat : davantage de capitaux sont venus soutenir de nouveaux acteurs, visant des plateformes plus modulaires et moins onéreuses.
Dans ce contexte, Vast fait partie d’un ensemble d’entreprises relativement récentes ou en forte croissance, telles que K2 Space, Rocket Lab, True Anomaly, Blue Canyon ou encore Millennium Space Systems.
Des infrastructures déjà en place
Selon Haot, ces sociétés restent pour beaucoup dans une phase où leurs offres ne sont pas encore entièrement mûres. L’enjeu pour Vast est donc de réussir l’industrialisation et la montée en capacité.
Pour ce faire, l’entreprise s’appuie déjà sur des investissements importants dans des installations dédiées à la fabrication de vaisseaux spatiaux. Elle évoque notamment 1 milliard de dollars engagés dans des infrastructures, dont des salles blanches, mobilisables aussi bien pour des stations spatiales que pour des satellites.
La montée en nombre de satellites
Le volume de satellites en orbite a fortement augmenté ces dernières années, notamment avec l’extension rapide des constellations comme Starlink. Après des décennies où le total mondial oscillait autour de 4 000 satellites, on est passé à environ 14 000 en cinq ans.
Les projections évoquent un nouvel accroissement à moyen terme : à horizon d’une dizaine d’années, le nombre de satellites pourrait atteindre environ 500 000, pour des usages tels que les télécommunications, l’observation de la Terre, ou encore des « data centers » en orbite, entre autres applications.
Haot estime qu’une grande partie de ces nouvelles capacités devrait provenir de quelques grands acteurs. Toutefois, même si une fraction seulement de ce volume était confiée à des fabricants de « bus » satellites commerciaux, cela représenterait un marché très significatif pour des entreprises comme Vast.
Pourquoi la forte puissance compte
La cible de « satellites à forte puissance » s’inscrit dans une logique industrielle : plus un satellite doit consommer d’énergie, plus les systèmes d’alimentation et l’intégration deviennent déterminants. Si Vast parvient à industrialiser des architectures fiables, cela pourrait lui donner un avantage sur des segments exigeants, sans être totalement dépendant de la seule dynamique des constellations.
Pour suivre les évolutions du secteur, certains observateurs s’appuient aussi sur des repères matériels : par exemple, un logiciel de suivi de satellites sur ordinateur peut aider à comprendre visuellement la densité orbitale et les changements de constellations. En parallèle, un kit d’antenne compatible avec un récepteur SDR est parfois utilisé par des passionnés pour explorer les signaux radio liés à l’activité spatiale, même si ces usages ne reflètent pas directement les performances industrielles des constructeurs.

