Les cours du cacao sur les marchés à terme ont poursuivi leur repli lundi, prolongeant une baisse entamée depuis une semaine. Portés par des signaux d’approvisionnement jugés plus abondants en Côte d’Ivoire et par la montée des stocks, les prix se maintiennent à des plus bas récents, tandis que la demande et certaines estimations climatiques apportent des soutiens plus nuancés.
Chute des prix et pression liée à l’offre
À la clôture, le contrat juillet sur l’ICE New York a reculé de 5,27% et le juillet sur l’ICE Londres de 5,24%, enregistrant des niveaux proches de plus bas sur deux semaines. Après avoir atteint la semaine précédente des sommets observés sur plusieurs mois, le marché s’est retourné, dans un contexte où les perspectives d’offre semblent s’améliorer.
La Côte d’Ivoire a notamment relevé son estimation de livraisons pour la saison 2025/26 à 2,2 millions de tonnes métriques (contre des projections antérieures autour de 1,8 à 1,9 million). Cette révision s’appuie sur des conditions jugées favorables, et renforce l’idée d’une disponibilité plus importante de fèves.
En parallèle, les données cumulées montrent que les expéditions des producteurs vers les ports progressent sur la campagne en cours, avec une hausse annuelle d’environ 2%. Les stocks enregistrés sur le marché à terme ont aussi augmenté jusqu’à atteindre un niveau le plus élevé en près de 1,75 an, ce qui a pesé sur les cours.
Climat : soutien potentiel, incertitude persistante
La dynamique de prix ne repose pas uniquement sur l’offre. La semaine précédente, le marché avait aussi été soutenu par les craintes liées à un épisode de type El Niño, susceptible d’entraîner des conditions plus chaudes et plus sèches en Afrique de l’Ouest. Les prévisions évoquent une probabilité élevée de l’apparition d’El Niño entre mai et juillet, avec un risque accru d’un scénario particulièrement intense.
Cependant, ces éléments restent contrastés. Des enquêtes précoces sur la formation des cabosses pour la campagne 2026/27 suggèrent une tendance plus faible que la normale, ce qui pourrait limiter la récolte principale démarrant en octobre. Autrement dit, le marché oscille entre un risque de production à venir moins favorable et une offre actuelle jugée relativement solide.
Demande et surplus : des signaux mitigés
Côté demande, les résultats d’acteurs majeurs du chocolat ont globalement indiqué une consommation qui demeure soutenue malgré des niveaux de prix élevés. Néanmoins, des données plus ciblées sur certains segments montrent des variations, notamment en Amérique du Nord, avec une baisse des ventes de confiseries chocolatées sur une période récente.
Sur l’équilibre mondial, plusieurs analystes ont également révisé leurs anticipations. Certains scénarios de surplus pour les campagnes à venir ont été abaissés, en invoquant des risques pour la production ouest-africaine liés à l’événement climatique anticipé. Ces ajustements peuvent aider les prix, même lorsque l’offre disponible à court terme reste le facteur dominant.
Autres facteurs : logistique, pluies insuffisantes et production régionale
La situation logistique et les coûts de transport peuvent aussi influencer le marché. Les perturbations observées dans certaines routes maritimes contribuent à renchérir l’approvisionnement et à soutenir les prix.
En Afrique de l’Ouest, les pluies récentes ne suffiraient toutefois pas à dissiper pleinement les inquiétudes liées à la sécheresse, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, où une large partie des zones reste concernée par des conditions de déficit hydrique.
Enfin, la production au Nigeria, pays régulièrement cité parmi les grands producteurs, fait l’objet d’anticipations de baisse. Des données d’exportation plus faibles que l’an dernier et des projections de récolte en repli constituent un facteur potentiel de soutien, même si l’impact final dépendra de l’évolution des récoltes et des flux commerciaux.
Dans l’ensemble, la tendance actuelle demeure dominée par la hausse des disponibilités et des stocks, mais les risques climatiques sur les récoltes futures, ainsi que des perspectives de surplus plus restreints selon certaines projections, maintiennent une part de soutien sous-jacent.
Pour suivre l’évolution du marché et mieux comprendre les dynamiques agricoles, certains investisseurs et observateurs s’intéressent aussi aux produits liés à la chaîne alimentaire, comme un kit d’analyse pour grains et fèves (utile pour l’éducation et le suivi des aspects qualitatifs), ou encore un récipient de stockage pour fèves et produits secs (intéressant pour ceux qui travaillent sur la conservation et la maîtrise de l’humidité).


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