Un centre de données a consommé 30 millions de gallons d’eau pendant des mois sans être repéré



Des organisations se mobilisent pour que les élus ne réduisent pas la question des centres de données aux seules factures d’électricité. Dans une lettre adressée au Congrès, plus de 120 structures demandent d’intégrer le sujet de l’eau, jugé tout aussi préoccupant, et d’exiger des évaluations environnementales complètes avant toute construction accélérée.

Au-delà de l’électricité : l’eau au cœur des inquiétudes

Les signataires estiment que la consommation d’eau liée aux centres de données peut mettre sous pression des territoires déjà fragiles. Ils évoquent des sites susceptibles de puiser jusqu’à plusieurs millions de gallons par jour, avec des impacts potentiels sur les ressources disponibles pour la population, l’agriculture et les écosystèmes.

Le dossier met aussi en cause certains systèmes dites « en circuit fermé », souvent présentés comme plus efficaces. Selon les organisations, ces dispositifs peuvent mobiliser des produits chimiques potentiellement toxiques. En cas de mauvaise gestion, ils pourraient, à terme, contaminer des cours d’eau et nuire à la qualité de l’environnement.

Une demande de procédures plus strictes

Pour limiter les risques, les associations demandent l’adoption de règles imposant des études environnementales approfondies avant le lancement des projets. Elles réclament aussi que le Congrès s’engage à ne pas soutenir de textes visant à accélérer l’autorisation et le développement de « data centers hyperscale », liés notamment à l’intelligence artificielle, ou d’autres installations de grande taille, durant la période législative en cours.

Leur position s’appuie sur l’idée que ces projets se multiplient plus vite que les garanties publiques ne peuvent pleinement encadrer leurs effets.

Des décisions locales contestées, parfois freinées

Certains épisodes montrent que les réactions locales peuvent infléchir des projets, même si la bataille n’est pas forcément terminée. En Utah, un centre de données hyperscale prévu dans le comté de Box Elder a retiré une demande visant à transférer 1 900 acre-feet d’eau d’un ranch vers l’installation. Environ 4 000 habitants ont déposé des avis d’opposition, selon des informations locales relayées par la presse régionale.

Dans l’enceinte du débat public, les habitants considèrent que les préoccupations relatives à l’accès à l’eau, mais aussi aux coûts énergétiques, à la qualité de l’air et au cadre de vie, méritent d’être prises en compte autrement qu’à la marge.

La question de la confiance publique

Au-delà du contentieux sur l’eau, certains éditorialistes alertent sur l’érosion de la confiance lorsque les procédures paraissent opaques ou trop rapides. L’argument central est que, même si un projet est finalement moins problématique que craint, la perception d’un processus politique expéditif et peu transparent peut laisser des tensions durables.

Ce que les acteurs devraient surveiller

  • La transparence des procédures d’autorisation et la qualité des évaluations environnementales.

  • Les données chiffrées sur les prélèvements en eau, la durée des impacts et les scénarios de sécheresse.

  • La gestion des rejets et, lorsque des systèmes en circuit fermé sont utilisés, la nature des produits chimiques et leurs filières d’élimination.

Pour les collectivités et gestionnaires d’infrastructures, la surveillance des consommations et la mesure de la qualité de l’eau restent des sujets sensibles. Du côté des équipements de mesure, certains utilisateurs s’intéressent à des solutions de suivi et d’analyse de la qualité de l’eau, comme un compteur d’eau ultrasonique pour relevés précis ou à des kits de tests pour des contrôles réguliers, par exemple un kit de test de qualité de l’eau.