
Taiwan traverse une période de tension énergétique, mais la perspective d’une demande en hausse — notamment tirée par la fabrication de puces de nouvelle génération — accélère aussi la transition énergétique. Alors que l’approvisionnement en hydrocarbures serait pour l’instant sécurisée à court terme, le gouvernement et les industriels cherchent à réduire la dépendance aux importations en misant davantage sur l’éolien et, plus largement, sur un mix moins carboné.
Une sécurité énergétique à court terme, malgré les pressions
Lors d’un forum consacré à l’énergie, des responsables taïwanais ont indiqué que les stocks d’hydrocarbures permettraient de maintenir un fonctionnement normal jusqu’à la fin de l’été, avec une possible prolongation vers septembre. Cette relative visibilité ne dissipe toutefois pas les inquiétudes liées aux chocs affectant les marchés mondiaux de l’énergie, dans un contexte où Taiwan dépend fortement de combustibles importés.
La stratégie en cours vise donc à compléter cette base par des sources alternatives. Le pays entend notamment accélérer le développement d’énergies renouvelables en mer, tout en explorant d’autres leviers énergétiques, dont la reprise d’unités nucléaires mises à l’arrêt.
Le rôle central de l’éolien offshore et la trajectoire du gouvernement
Dans cette logique, l’éolien offshore occupe une place importante. Une feuille de route publique prévoit de mobiliser jusqu’à 15 gigawatts de capacité d’ici 2035, afin de fournir aux développeurs un cadre clair pour investir et planifier leurs projets.
Le projet Hai Long s’inscrit dans cette dynamique. À mesure que les objectifs s’intensifient, l’enjeu devient aussi industriel : sécuriser des volumes d’électricité et stabiliser les coûts face à une demande en forte croissance.
TSMC en ligne de mire : une consommation électrique qui monte
TSMC est au cœur de ces équations. Le géant des semi-conducteurs consomme de grandes quantités d’électricité pour alimenter ses usines de fabrication. En 2023, ses besoins représentaient près de 10 % de la consommation électrique totale de Taïwan, selon des estimations relayées par des analyses internationales.
Cette part pourrait encore augmenter au cours de la décennie, avec l’intensification de la production visant à répondre à la demande mondiale en puces — notamment celles utilisées dans l’intelligence artificielle. L’hypothèse la plus souvent évoquée est une montée vers un niveau significatif de la consommation nationale d’ici 2030, tirée par des investissements industriels plus gourmands en énergie.
Des engagements de TSMC pour réduire l’empreinte énergétique
En parallèle des efforts sur l’offre électrique à Taïwan, TSMC annonce des objectifs de couverture par des énergies renouvelables : 60 % des besoins mondiaux visés à l’horizon 2030, puis 100 % d’ici 2040. Ces engagements s’ajoutent à une série de contrats d’achat d’électricité déjà signés pour se fournir en énergie renouvelable, notamment via des projets éoliens.
Dans le même esprit, les investissements de TSMC s’accompagnent de partenariats avec des acteurs européens de l’énergie. L’entreprise a notamment conclu des accords liés à des parcs éoliens offshore et terrestre, afin de diversifier ses sources.
Au-delà des annonces : l’équation réseau et la capacité à produire
Le défi taïwanais ne se limite pas à signer des contrats : il faut aussi que l’électricité soit effectivement disponible, que le réseau suive et que les projets aboutissent dans les délais. L’accélération de l’éolien offshore implique des enjeux de raccordement, de capacité et de planification, dans un contexte où la consommation industrielle pourrait continuer de croître.
Sur le terrain, les solutions d’efficacité et de pilotage de l’énergie prennent aussi de l’importance pour les sites fortement consommateurs. À titre d’exemple, des équipements de mesure et d’analyse peuvent aider à suivre les usages et optimiser l’exploitation, comme un capteur de consommation énergétique connecté pour le suivi en temps réel ou un onduleur ou système de gestion d’alimentation pour sécuriser et optimiser l’infrastructure, selon les besoins des installations.

