Longtemps, Double Fine, studio dirigé par Tim Schafer, a donné l’impression de naviguer avec difficulté sous la bannière de Microsoft. Après l’acquisition en 2019, la production semblait en effet plus lente, avant de reprendre récemment avec une série de sorties marquées par un humour absurde et des mécaniques décalées. Parmi elles, Kiln s’impose comme un nouveau pari étrange mais particulièrement maîtrisé : un brawler multijoueur rapide, bâti autour de la poterie et d’une lutte pour éteindre le four adverse.
Un multijoueur simple sur le papier, nerveux dans les faits
Kiln se joue en 4 contre 4. La logique est claire : chaque équipe doit récupérer de l’eau sur la carte, puis l’utiliser pour éteindre le feu qui brûle dans le four de l’adversaire. La victoire revient au groupe qui coupe l’incendie en premier. Le jeu évite les systèmes habituellement lourds pour ce type de compétition : pas de montée de niveau, pas de vagues de PNJ, pas de grind d’expérience. On court, on se bat, et on cherche à transférer l’eau tout en limitant la contre-attaque.
Le cœur du concept : des esprits, des pots et une stratégie de “classes”
Le thème poterie ne sert pas seulement de décor : il façonne la manière de jouer. Les joueurs incarnent de petits esprits flottants, qui doivent s’installer dans un pot pour participer aux matchs. Et le pot choisi compte réellement. Selon sa forme et sa solidité, il offre un profil différent : certains pots peuvent encaisser plus de dégâts tout en retenant moins d’eau, tandis que des contenants plus fragiles, mais plus adaptés à l’attaque, favorisent un style offensif. Concrètement, le jeu fonctionne comme un système de “classes” déguisé en poterie.
Surtout, ces pots peuvent être sculptés par le joueur à l’aide d’une roue à poterie virtuelle. L’expérience est tactile et plaisante : en utilisant les sticks pour modeler une motte de terre, on obtient progressivement une forme unique. Le jeu propose ensuite des options de personnalisation via des éléments ajoutés et des finitions colorées, avec un contrôle visible sur l’apparence du personnage. En match, chaque joueur emporte trois pots et peut les échanger à la réapparition, ce qui crée une dimension tactique autour de la composition de l’équipe.
Chaos maîtrisé : combats explosifs et cartes interactives
Kiln privilégie la vitesse et les affrontements immédiats. Les actions disponibles restent simples (attaque de base, attaque spéciale, roulades et sauts), mais l’ensemble est spectaculaire par son rythme. Les réapparitions sont rapides : il est rare d’avoir un moment de respiration, et le jeu pousse constamment à prendre des risques, parfois coûteux. Même les pots les plus résistants restent destructibles, ce qui rend la frontière entre agressivité efficace et effondrement permanent étonnamment fine.
Les niveaux renforcent cette sensation de désordre contrôlé. Les cartes sont relativement compactes et la distance jusqu’à l’ennemi ne laisse pas le temps de s’installer. Surtout, les objectifs d’eau et de soins varient selon la configuration. On trouve aussi des éléments interactifs qui changent la dynamique : un niveau avec des embarcations qui tournent autour de la zone, un autre influencé par un tapis roulant mêlant menaces et caches, ou encore une arène à sol “disco” où rester sur un certain carrelage peut immobiliser le joueur en mode danse pendant quelques instants. L’ensemble donne au jeu une personnalité immédiate, loin des arènes uniformes.
Un esprit “Splatoon”, mais avec sa propre identité
Même s’il ne s’agit pas d’un shooter, Kiln évoque Splatoon par son approche : transformer une compétition en ligne intimidante en expérience accessible, plus centrée sur l’entraide et la lecture de la situation que sur la domination brute. Le jeu encourage la coordination sans imposer la communication vocale. Dans les faits, il suffit généralement que certains joueurs se chargent de défendre le four, pendant que d’autres assurent l’approvisionnement en eau et l’attaque contre la base adverse. Les matchs courts facilitent les allers-retours permanents entre offensive et défense, avec un tempo qui rappelle le rythme d’un sport plutôt que celui d’une simulation militaire.
Des limites encore visibles, mais un format solide
Malgré ses qualités, Kiln n’en est qu’au stade initial de son offre de contenu. Pour l’instant, un seul mode de jeu est disponible, ce qui peut, à terme, réduire la variété pour les joueurs les plus assidus. Le titre semble surtout conçu pour être “joué souvent” grâce à sa structure simple, son chaos et ses cartes changeantes. Mais l’ajout de nouvelles variantes serait un levier évident pour prolonger l’intérêt.
Au final, Kiln ressemble à un jeu multijoueur condensé : il rassemble les joies et les frictions du compétitif dans un format court, tout en misant sur une direction artistique délibérément absurde. C’est précisément cette excentricité qui l’élève au-dessus de la moyenne. Double Fine, où qu’il se trouve, continue d’assumer un style “bizarre” — et, cette fois, il fonctionne.
Pour profiter pleinement du jeu, un bon équipement de jeu peut faire la différence. Si vous jouez sur Xbox, une option adaptée est la manette sans fil Manette sans fil Xbox Series, conçue pour des commandes précises. Sur PC, une alternative pratique est une souris gaming Souris gaming polyvalente pour les réglages de caméra et de visée selon vos habitudes.

