L’Europe autorise la première association de vaccins Moderna mRNA contre la grippe et la COVID-19 avant les États-Unis



L’Europe franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les infections respiratoires. La Commission européenne a autorisé la mise sur le marché d’un vaccin combiné à base d’ARNm de Moderna, destiné à protéger à la fois contre la grippe et le Covid-19. Une première mondiale pour ce type d’approche, mais qui souligne aussi un décalage persistant avec les États-Unis, où le produit demeure en attente.

Un vaccin combiné grippe–Covid autorisé en Europe

Le vaccin, identifié sous le nom mRNA-1083 (mCOMBRIAX), est présenté comme le premier vaccin combinant dans une même injection une protection contre deux virus respiratoires majeurs. L’autorisation européenne fait suite à l’évaluation favorable d’un comité scientifique de l’agence européenne du médicament, ouvrant la voie à la décision finale.

Moderna indique que cette formulation vise à simplifier l’organisation de la vaccination chez les adultes, en particulier ceux considérés comme plus exposés aux complications liées à ces infections. L’objectif est également de renforcer la capacité des systèmes de santé à faire face aux périodes d’activité intense de la grippe et des circulations du SARS-CoV-2.

Comment fonctionne mCOMBRIAX

Le vaccin combiné associe :

  • la composante vaccinale contre le Covid-19 de Moderna ;
  • une composante grippale expérimentale, nommée mRNA-1010, encore évaluée séparément en Europe.

Selon les éléments communiqués, l’autorisation repose sur des résultats d’un essai clinique de phase III mené sur environ 4 000 adultes. L’étude comprenait deux catégories d’âge : 50 à 64 ans avec une comparaison à un vaccin antigrippal standard, et 65 ans et plus avec une comparaison à un vaccin antigrippal à dose élevée.

Des réponses immunitaires supérieures, sans signal de sécurité

Dans les deux groupes, mCOMBRIAX a montré des réponses immunitaires statistiquement supérieures à celles observées avec les vaccins comparateurs, contre plusieurs souches de grippe (A/H1N1, A/H3N2 et B/Victoria) ainsi que contre le SARS-CoV-2. Les données rapportées ne faisaient état d’aucune préoccupation particulière concernant la sécurité ou les effets indésirables.

En parallèle, alors que l’Europe autorise ce vaccin combiné, les États-Unis ne l’ont pas encore validé, alors même que le produit y a été développé. Ce contraste illustre les différences de calendrier et d’évaluation entre les autorités réglementaires.

Ce que cette autorisation change concrètement

Sur le terrain, l’intérêt principal d’un vaccin combiné est pratique : une seule injection pour cibler deux menaces saisonnières ou récurrentes. Dans un contexte où les campagnes vaccinales mobilisent des ressources limitées, cette approche peut contribuer à améliorer la couverture vaccinale, notamment chez les personnes à risque.

Pour les personnes qui suivent leur calendrier de prévention, il peut aussi être utile de prévoir des dispositifs de suivi au domicile, par exemple avec un thermomètre numérique afin de surveiller l’état de santé en cas de symptômes compatibles avec une infection respiratoire.

Du côté des équipes soignantes et du grand public, la préparation logistique reste déterminante pour les futures campagnes : certains optent déjà pour un kit de premiers soins afin de disposer rapidement des éléments de base en cas de fièvre ou d’inconfort.